Vox Traditionis

Bréviaire romain · Matines · 3 mai

Inventione Sanctæ Crucis

Duplex II classis

Bréviaire romain, MatinesLeçons 4 à 6 des Matines

Après l’insigne victoire que remporta sur Maxime l’empereur Constantin, auquel le signe de la Croix du Seigneur avait été manifesté, Hélène, mère de Constantin, avertie en songe, vint à Jérusalem dans le dessein d’y rechercher la Croix. Sur le Calvaire, elle fit abattre une statue de marbre représentant Vénus ; c’était pour abolir tout souvenir de la passion de Jésus-Christ, que les Gentils avaient, depuis environ cent quatre-vingts ans, placé cette statue à l’endroit même où la Croix avait été plantée. Hélène agit de même au lieu où était la crèche du Sauveur, et au lieu où il était ressuscité, ayant fait enlever du premier le simulacre d’Adonis, et du second, celui de Jupiter.

On déblaya l’endroit où devait être la Croix, et, en creusant, l’on découvrit trois croix profondément enfouies, mais le titre de la Croix du Seigneur fut trouvé à part et comme l’on ne voyait pas à laquelle des trois croix il avait été fixé, un miracle mit fin au doute. Macaire, Évêque de Jérusalem, après avoir fait adresser à Dieu des prières, fit toucher l’une après l’autre les trois croix à une femme qui était gravement malade. L’attouchement des deux premières ne lui fut d’aucun secours, mais lorsqu’on eut approché la troisième de l’infirme, cette personne fut aussitôt guérie.

Ayant ainsi retrouvé la croix, instrument de notre salut, Hélène éleva au même lieu une église, vraiment magnifique où elle laissa une partie de la Croix, enfermée dans une châsse d’argent ; elle en apporta une autre partie à son fils Constantin, et on la déposa à Rome dans l’église appelée Sainte-Croix-de-Jérusalem, construite sur l’emplacement du palais de Sertorius. Hélène remit encore à son fils les clous avec lesquels le très saint corps de Jésus-Christ avait été attaché. C’est alors que Constantin porta une loi, pour défendre qu’on fît désormais subir à quelqu’un le supplice de la croix ; et ainsi la croix qui avait été jusqu’alors pour les hommes un sujet d’opprobre et de mépris, devint un objet de vénération et de gloire.

Homélie de saint Augustin, Évêque.Leçons 7 à 9 des Matines

Lecture du saint Évangile selon saint Jean.

(Joannes 3:1-15)

En ce temps-là : Il y avait parmi les pharisiens un homme appelé Nicodème, un des premiers des Juifs. Il vint la nuit auprès de Jésus, et Lui dit : Maître, nous savons que Vous êtes venu de la part de Dieu comme docteur. Et le reste.

Homélie de saint Augustin, Évêque.

(Tract. 11 in Joann., post init.)

Nicodème était donc un de ceux qui avaient cru au nom de Jésus, à la vue des miracles et des prodiges qu’il opérait. En effet, l’Évangéliste a dit plus haut : « Lorsqu’il était à Jérusalem pendant la fête de Pâques, beaucoup crurent en son nom ». Pourquoi crurent-ils en son nom ? Saint Jean le marque par ce qui suit : « Voyant les miracles que Jésus faisait ». Et que dit-il de Nicodème ? « Il y avait un des chefs des Juifs, nommé Nicodème ; il vint la nuit à Jésus, et lui dit : Maître, nous savons que vous êtes un docteur envoyé de Dieu ». Nicodème avait donc lui-même cru en son nom. Quel motif l’avait déterminé à croire ? Nous le voyons par ces paroles qu’il ajoute : « Car personne ne pourrait faire les prodiges que vous faites, si Dieu n’était avec lui ».

Si donc Nicodème était parmi ceux qui, en grand nombre, avaient cru au nom de Jésus, considérons dans sa personne les raisons pour lesquelles Jésus ne se confiait pas à eux. Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je vous le dis : si quelqu’un ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu ». Jésus se confie donc à ceux qui ont pris une nouvelle naissance. Ceux-là croyaient en Jésus, et Jésus ne se confiait point à eux. Tels sont tous les catéchumènes ; déjà ils ont foi au nom du Christ, mais Jésus ne se donne point à eux.

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