Bréviaire romain · Matines · 11 août
Deuxième jour de l’Octave de S. Laurent
Sermon de S. Augustin, ÉvêqueLeçons 4 à 6 des Matines
(Sermon 30 sur les Saints)
Je pense que vous connaissez la Passion du très bienheureux martyr Laurent, dont nous célébrons aujourd’hui la naissance, et je ne doute pas que vous sachiez tout ce qu’il a enduré au cours des persécutions. Car la gloire de son martyre fut telle que, par sa passion, il a illuminé le monde entier. Laurent a véritablement illuminé le monde de la lumière qui l’embrasait lui-même, et par les flammes qu’il a endurées, il a réchauffé le cœur de tous les chrétiens.
Qui ne souhaiterait pas être brûlé pendant une heure par le feu du Christ, afin de ne pas subir le feu éternel de l’enfer ? Nous sommes donc poussés au martyre par l’exemple du bienheureux Laurent, et notre foi s’enflamme, notre dévotion s’intensifie : et si la flamme du persécuteur nous fait défaut, celle de la foi ne nous fait pas défaut. Certes, nous ne brûlons pas physiquement pour le Christ, mais nous brûlons d’amour : ce n’est pas le persécuteur qui m’embrase, mais le désir du Sauveur qui m’enflamme.
Car nous lisons dans l’Évangile qu’il est question du feu du Sauveur, le Seigneur lui-même disant : « Ne savez-vous pas que je suis venu mettre le feu à la terre ? Et que puis-je faire d’autre que de l’allumer ? » Ce feu s’étant allumé en eux, ces deux disciples dirent : « Notre cœur ne brûlait-il pas en nous tandis qu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures ? » Ainsi, enflammé par ce feu, le bienheureux Laurent ne ressent aucune brûlure causée par les flammes, et, brûlant du désir du Christ, il ne ressent aucune douleur face à la cruauté de ses persécuteurs.
Homélie de S. Augustin, ÉvêqueLeçons 7 à 9 des Matines
Lecture du saint Évangile selon saint Jean
(Jn 12:25-27)
En ce temps-là : Jésus disait à ses disciples : En vérité, en vérité, je vous le dis : si le grain de blé ne tombe pas en terre et ne meurt pas, il reste seul. Et le reste.
Homélie de S. Augustin, Évêque
(Du Traité 51 sur S. Jean, à la suite de ce qui précède)
Ainsi, lorsque l’affaire sera jugée et que l’on lui imposera le choix entre enfreindre le commandement de Dieu ou quitter cette vie, et si un homme est contraint de choisir entre les deux, sous la menace de mort du persécuteur, qu’il choisisse alors de mourir pour le Dieu bien-aimé plutôt que de vivre en L’offensant. C’est là qu’il haïra sa propre âme dans ce monde, afin de la préserver pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive. Que signifie « qu’il me suive », sinon « qu’il m’imite » ? Car le Christ a souffert pour nous, dit l’Apôtre Pierre, nous laissant un exemple, afin que nous marchions sur ses traces.
Écoutez ce qui a été dit : « Si quelqu’un me sert, qu’il me suive. » Pour quel fruit ? Quel salaire ? Quelle récompense ? Et « là où je suis », dit-il, « là aussi sera celui qui me sert ». Qu’il soit aimé sans rien attendre en retour, afin que le prix de l’œuvre par laquelle il le sert soit d’être avec lui. Car où serait-il bien sans lui, ou quand pourrait-il être mal avec lui ? Écoutez-le plus clairement : « Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. » Quel honneur est-ce là, sinon d’être avec son Fils ? Car ce qu’il a dit plus haut : « Là où je suis, là aussi sera celui qui me sert », s’explique lorsqu’il dit : « Mon Père l’honorera. » Car quel plus grand honneur un fils adoptif peut-il recevoir que d’être là où se trouve le Fils unique, non pas rendu égal à la Divinité, mais associé à l’éternité ?