Vox Traditionis

Bréviaire romain · Matines · 19 août

Cinquième jour de l’Octave de l’Assomption

Semiduplex

Sermon de saint Bernard, AbbéLeçons 4 à 6 des Matines

(Sermon 1 sur l’Assomption de la B. V. M.)

En montant aujourd’hui dans les cieux, la glorieuse Vierge a certainement porté à son comble la joie des habitants de la cité d’en-haut. C’est elle dont la voix et le salut firent tressaillir un enfant qu’enfermaient encore les entrailles maternelles. Si l’âme d’un enfant qui n’était pas encore né, se fondit dès que Marie parla, quels ne durent pas être les transports des esprits célestes, quand il leur fut donné d’entendre sa voix, de contempler son visage, et de jouir de sa bienheureuse présence ?

Comme aussi qui pourra s’imaginer combien glorieuse a été la Reine du monde dans son assomption, à pareil jour, avec quels sentiments de dévotion l’armée entière des légions célestes s’est portée à sa rencontre ? Avec quels cantiques elle a été conduite jusqu’au trône de gloire ? Qui pourra se représenter de quel visage plein de douceur et de sérénité, avec quels embrassements divins elle a été reçue par son Fils et élevée par lui au-dessus de toute créature, avec tout l’honneur que mérite une telle mère, avec toute la magnificence qui convient à un tel Fils ?

Assurément, ils étaient doux à la Vierge-Mère, les baisers qu’elle recevait des lèvres de Jésus lorsqu’il était à la mamelle, et qu’elle lui souriait, le pressant sur son sein virginal ; mais penserons-nous qu’ils lui furent moins doux, ceux qu’elle reçut aujourd’hui du même Jésus assis à la droite de son Père, au moment heureux où il salua son arrivée alors que Marie montait à son trône de gloire, chantant l’épithalame et disant : « Qu’il me baise d’un baiser de sa bouche » ? Qui pourra raconter la génération du Christ et l’assomption de Marie ? Car autant sur terre elle a surpassé en grâce toutes les créatures, autant elle les surpasse en gloire dans le ciel.

De l’Homélie de saint Augustin, ÉvêqueLeçons 7 à 9 des Matines

Lecture du saint Évangile selon saint Luc

(Lc 10:38-42)

En ce temps-là : Jésus entra dans un village, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison. Et le reste.

De l’Homélie de saint Augustin, Évêque

(Extrait du sermon n° 27 sur les paroles du Seigneur)

Le travail qui dissipe (ayant des objets multiples) est passager ; la charité, qui fait l’unité, demeure. Donc ce que Marie a choisi « ne lui sera point enlevé ». Pour toi, Marthe, ce que tu as choisi (c’est évidemment ce qu’il faut sous-entendre), ce que tu as choisi te sera enlevé, toutefois pour ton bien et pour que tu reçoives une chose meilleure. Le labeur te sera enlevé pour que te soit donné le repos. Toi, tu navigues encore, Marie est déjà au port.

Vous voyez donc, mes très chers frères, et vous concevez maintenant, ce me semble, quelque chose de grand en ces deux femmes, toutes deux agréables au Seigneur, toutes deux aimées de lui, toutes deux ses disciples ; vous le voyez, dis-je, et vous le reconnaissez, vous tous qui êtes intelligents, et vous devez aussi l’apprendre et le savoir, vous qui ne comprenez pas encore : à savoir, que ces deux femmes représentent deux vies, la vie présente et la vie future, la vie du travail et la vie du repos, la vie sujette à la souffrance et la vie bienheureuse, la vie temporelle et la vie éternelle.

Ce sont deux vies distinctes, méditez-les vous-mêmes plus à loisir. Que nous offre-t-elle, cette vie, je ne dis pas mauvaise, injuste, criminelle, déréglée, impie, mais laborieuse et pleine de misères, agitée de craintes, harcelée de tentations, je dis cette vie innocente elle-même, telle qu’il convient de l’attribuer à Marthe ? Cette vie donc, considérez-la autant que vous en êtes capables, et méditez-la, je le répète, plus amplement que je ne le fais dans ce discours. Quant à la vie d’iniquité, ni Marie ni Marthe ne la connaissaient : elle était bien loin de cette maison et si elle y avait quelquefois été, elle en avait été chassée à l’entrée du Seigneur.

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