Bréviaire romain · Matines · 2 novembre
Commémoration de tous les Fidèles Défunts
Duplex
Du livre de saint Augustin, Évêque, sur les devoirs envers les mortsLeçons 4 à 6 des Matines
(Chapitres 2 & 3)
Les soins apportés à l’ensevelissement, le choix de la sépulture, la pompe des obsèques sont plutôt une consolation pour les vivants qu’un profit pour les morts. Il ne faut cependant pas, pour autant, mépriser et rejeter les corps des défunts, surtout ceux des justes et des fidèles, dont l’esprit s’est servi saintement, comme d’organes et d’instruments pour toutes les bonnes œuvres. Car si l’habit et l’anneau d’un père, et autres objets de ce genre, sont d’autant plus chers aux descendants que leur amour filial est plus vivant, on ne peut absolument pas dédaigner les corps eux-mêmes, unis à nous plus intimement et plus étroitement que n’importe quels vêtements. Ils ne font pas partie des ornements ou des instruments que nous nous ajoutons du dehors, mais de la nature même de l’homme. Aussi s’occupait-on avec une piété empressée, des funérailles des justes d’autrefois, de la célébration de leurs obsèques, de la préparation de leur tombeau, et eux-mêmes, durant leur vie, avaient ordonné à leurs enfants d’ensevelir ou même de transférer leurs corps.
(Chapitre 4)
Témoigné aux défunts par des fidèles qui leur sont chers, un amour qui se souvient et qui prie, est certainement profitable à ceux qui, durant leur vie corporelle, ont mérité que de telles choses leur soient utiles après cette vie. Mais si une certaine nécessité permet d’ensevelir les corps, même dans les lieux saints, sans rétribution aucune, il ne faut pourtant pas oublier les supplications pour les esprits des défunts. Pour tous ceux qui sont morts dans la communion chrétienne et catholique, la Sainte Église a pris sur elle de faire ces prières, même sans mention de noms particuliers, dans une commémoration générale, afin qu’à ceux qui n’ont, pour cet office, ni parents ni enfants, ni proches, ni amis, ce service soit rendu par la tendre Mère de tous. Mais si l’on omettait ces supplications d’une foi et d’une piété bien entendues, pour les défunts, je pense qu’il ne servirait de rien à leurs esprits, d’avoir leurs cadavres ensevelis dans des lieux saints.
(Chapitre 18)
Cela étant, ne pensons pas atteindre les morts dont nous avons soin autrement que par les solennelles supplications des sacrifices de l’autel, des prières ou des aumônes, bien qu’ils ne profitent pas à tous ceux pour qui on les fait, mais à ceux-là seuls qui en ont, durant la vie, mérité le profit. Toutefois, comme nous ne les connaissons pas, il faut faire ces choses pour tous les baptisés, afin que pas un de ceux que ces bienfaits peuvent et doivent atteindre ne soit oublié. Ils seront superflus à ceux auxquels ils ne peuvent ni servir, ni nuire ; cela vaut mieux que s’ils faisaient défaut à ceux auxquels ils doivent profiter. On accomplit cependant ces choses avec plus d’empressement pour ses proches, afin de les obtenir soi-même des siens. Maintenant, tout ce que l’on consacre à l’inhumation du corps n’est pas une aide pour le salut, mais un devoir d’humanité imposé par cet amour qui défend de détester sa propre chair. Aussi doit-on se soucier le plus possible de la chair de son proche, quand celui qui la portait est parti. Et si ceux qui ne croient pas à la résurrection agissent ainsi, combien plus doivent faire ceux qui y croient, pour que ce devoir, rendu au corps qui est cadavre mais appelé à ressusciter et à demeurer dans l’éternité, soit comme une affirmation de cette foi !
Bréviaire romain, MatinesLeçons 7 à 9 des Matines
De la première Épître du bienheureux Paul Apôtre aux Corinthiens
(1 Co 15:12-22)
12 Or, si l’on prêche que le Christ est ressuscité des morts, comment quelques-uns parmi vous disent-ils qu’il n’y a point de résurrection des morts ?
13 S’il n’y a point de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité.
14 Et si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, vaine aussi est votre foi.
15 Il se trouve même que vous sommes de faux témoins à l’égard de Dieu, puisque vous avons témoigné contre lui qu’il a ressuscité le Christ, tandis qu’il ne l’aurait pas ressuscité, s’il est vrai que les morts ne ressuscitent pas.
16 Car si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n’est pas ressuscité.
17 Et si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés, et par conséquent aussi
18 ceux qui se sont endormis dans le Christ sont perdus.
19 Si nous n’avons d’espérance dans le Christ que pour cette vie seulement, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes.
20 Mais maintenant le Christ est ressuscité des morts, il est les prémices de ceux qui se sont endormis.
21 Car, puisque par un homme est venue la mort, c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts.
22 Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous seront vivifiés dans le Christ,
(1 Co 15:35-44)
35 Mais, dira quelqu’un : Comment les morts ressuscitent-ils ? avec quel corps reviennent-ils ?
36 Insensé ! Ce que tu sèmes ne reprend pas vie, s’il ne meurt auparavant.
37 Et ce que tu sèmes, ce n’est pas le corps qui sera un jour : c’est un simple grain, soit de blé, soit de quelque autre semence :
38 mais Dieu lui donne un corps comme il l’a voulu, et à chaque semence il donne le corps qui lui est propre.
39 Toute chair n’est pas la même chair : autre est la chair des hommes, autre celle des quadrupèdes, autre celle des oiseaux, autre celle des poissons.
40 Il y a aussi des corps célestes et des corps terrestres, mais l’éclat des corps célestes est d’une autre nature que celui des corps terrestres :
41 autre est l’éclat du soleil, autre l’éclat de la lune, et autre l’éclat des étoiles. Même une étoile diffère en éclat d’une autre étoile.
42 Ainsi en est-il pour la résurrection des morts. Semé dans la corruption, le corps ressuscite, incorruptible ;
43 semé dans l’ignominie, il ressuscite glorieux ; semé dans la faiblesse, il ressuscite plein de force ;
44 semé corps animal, il ressuscite corps spirituel. S’il y a un corps animal, il y aussi un corps spirituel.
(1 Co 15:51-58)
51 Voici un mystère que je vous révèle : Nous ne nous endormirons pas tous, mais tous nous serons changés,
52 en un instant, en un clin d’œil, au son de la dernière trompette, car la trompette retentira et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons changés.
53 Car il faut que ce corps corruptible revête l’incorruptibilité, et que ce corps mortel revête l’immortalité.
54 Lorsque ce corps corruptible aura revêtu l’incorruptibilité, et que ce corps mortel aura revêtu l’immortalité, alors s’accomplira la parole qui est écrite : « La mort a été engloutie pour la victoire.
55 Ô mort, où est ta victoire ? Ô mort, où est ton aiguillon ? »
56 Or l’aiguillon de la mort, c’est le péché et la puissance du péché, c’est la loi.
57 Mais grâces soient rendues à Dieu, qui nous a donné la victoire par Notre-Seigneur Jésus-Christ !
58 Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, travaillant de plus en plus à l’œuvre du Seigneur, sachant que votre travail n’est pas vain dans le Seigneur.