Vox Traditionis

Bréviaire romain · Matines · 8 décembre

Conception Immaculée de la Bienheureuse Vierge Marie

Duplex I classis cum octava communi

Sermon de saint Jérôme, Prêtre.Leçons 4 à 6 des Matines

(De l'Assomption de la Bienheurese Vierge Marie.)

Ce qu’est la bienheureuse et glorieuse Marie toujours Vierge et quelle hauteur elle atteint, un Ange le déclare de la part de Dieu, quand il dit : Je vous salue, pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre toutes les femmes. Il convenait, en effet, que la Vierge reçût en gage des dons tels, qu’elle fût pleine de grâce, elle qui a donné la gloire au ciel, le Seigneur à la terre, et qui de nouveau a apporté la paix, la foi aux nations, un terme aux vices, l’ordre à la vie et la discipline aux mœurs. Et elle en est toute remplie, puisque, produite chez les autres par degrés, chez Marie au contraire la grâce est répandue en même temps et dans toute sa plénitude. Elle en est vraiment remplie ; car bien qu’on croie à l’existence de la grâce, chez les saints Pères et les Prophètes, elle n’y a pas été cependant entière à ce point ; tandis que chez Marie est venue là plénitude de la grâce entière qui est dans le Christ, quoique d’une manière différente. Et c’est pourquoi l’ange lui dit : Vous êtes bénie entre toutes les femmes, c’est-à-dire bénie plus que toutes les femmes. Et ainsi, toute la malédiction infusée par Ève, la bénédiction de Marie l’a totalement enlevée. C’est d’elle que Salomon parle dans les Cantiques en disant, comme pour la louer : Viens, ma colombe, mon immaculée. Car F hiver est déjà passé ; la pluie a cessé et s’en est allée. Et ensuite, il ajoute : Viens du Liban, viens, tu seras couronnée.

Ce n’est donc pas sans raison qu’elle est invitée à venir du Liban, parce que Liban signifie action de blanchir. Elle était en effet blanche par la vertu de ses nombreux mérites, et plus blanche que la neige elle-même, par les dons de l’Esprit-Saint, marquant en toute chose la simplicité de la colombe ; puisque tout ce qui s’est opéré en elle fut entièrement pureté et simplicité, entièrement vérité et grâce, entièrement miséricorde et justice, de cette justice qui a regardé du haut du ciel. Elle est donc immaculée parce que sans corruption. Car elle a enveloppé un homme dans son sein, comme l’atteste saint Jérémie, et ne l’a point reçu d’ailleurs. Le Seigneur, dit-il, fera une chose nouvelle sur la terre, et une femme enveloppera un homme. C’est une chose vraiment nouvelle, une nouveauté de miracle dépassant toute nouveauté. Le Dieu que le monde ne peut porter, que personne ne peut voir sans mourir, est entré comme hôte dans le sein d’une vierge, sans être emprisonné dans ce corps ; il y a été porté de telle sorte, que toute sa divinité y était et en est sortie, selon la parole d’Ëzéchiel, la porte en restant complètement close. Aussi chante-t-on dans ces mêmes Cantiques au sujet de Marie : Jardin fermé, fontaine scellée, ta floraison est celle d'un jardin de délices. C’est vraiment un jardin de délices, dans lequel sont plantées tous les genres de fleurs et se trouvent tous les parfums des vertus ; et il est fermé de telle sorte qu’il ne puisse être violé ni souillé par aucune des tromperies insidieuses (de l’ennemi). C’est bien la fontaine scellée du sceau de la Trinité tout entière.

Des Actes du Pape Pie IX.

Or, la victoire de la Vierge, Mère de Dieu, remportée sur le très cruel ennemi du genre humain, cette victoire que les divines Écritures, la tradition la plus vénérable, le sentiment perpétuel de l’Église, l’accord singulier des évêques et des fidèles, les actes insignes des Souverains Pontifes, aussi bien que leurs constitutions, avaient déjà merveilleusement célébrée, Pie IX, Pontife suprême, déférant au vœu de toute l’Église, résolut de la proclamer solennellement par son oracle souverain et infaillible. C’est pourquoi le six des Ides de Décembre de l’année mil huit cent cinquante-quatre, dans la basilique du Vatican, au milieu d’une immense assemblée de Pères de la sainte Église Romaine, de Cardinaux et d’Ëvêques venus même des contrées les plus lointaines, le Pape, aux applaudissements de l’univers entier, proclama et définit solennellement que la doctrine enseignant que la bienheureuse Vierge Marie, dès le premier instant de sa Conception, a été par un singulier privilège et don de Dieu, préservée et exempte de toute souillure originelle, est une doctrine divinement révélée, et qui doit, par conséquent, être crue fermement et invariablement par tous les fidèles.

Homélie de saint Germain, Évêque.Leçons 7 à 9 des Matines

Lecture du saint Évangile selon saint Luc.

(Luc 1:26-28)

En ce temps-là : L’Ange Gabriel fut envoyé de Dieu dans la ville de Galilée appelée Nazareth, à une Vierge, fiancée à un homme nommé Joseph, de la maison de David, et le nom de la Vierge était Marie. Et le reste.

Homélie de saint Germain, Évêque.

(Pour la Présentation de la Mère de Dieu.)

Je vous salue, Marie, pleine de grâce, plus sainte que les Saints, plus élevée que les Cieux, plus glorieuse que les Chérubins, plus honorable que les Séraphins et plus vénérable que toute créature. Salut, colombe, qui nous apportez le fruit de l’olivier et annoncez le sauveur du déluge spirituel et le port du salut, vous dont les ailes argentées et le dos pailleté d’or brillent sous les rayons de l’Esprit très saint et illuminateur. Salut, paradis très agréable et raisonnable de Dieu, planté par sa main toute bienveillante et toute puissante aujourd’hui à l’Orient ; paradis où fleurissent pour lui, le lis au parfum suave et la rose inaltérable, pour être les remèdes de ceux qui ont bu en Occident1 à la source amère de la mort contagieuse et funeste à l’âme, paradis dans lequel s’épanouit, pour la connaissance de la vérité, l’arbre de vie qui assure l’immortalité à ceux qui auront goûté de son fruit. Salut, édifice sacro-saint, immaculé et très pur palais du Dieu Souverain Roi, orné de toutes parts par la magnificence de ce même Dieu-Roi, s’offrant à nous recevoir tous, pour nous réconforter par de mystiques délices. Là se trouve la couche nuptiale de l’Époux spirituel, non faite de main d’homme et brillante d’ornements variés ; c’est là que le Verbe, voulant ramener dans sa voie la race humaine égarée, s’est uni à la chair, afin de réconcilier avec son Père ceux qui, de leur propre volonté, étaient devenus des bannis.

Salut, montagne de Dieu, au sol très riche et ombragé, sur laquelle a été nourri l’Agneau raisonnable qui a porté nos péchés et nos infirmités, montagne, d’où a roulé cette pierre qu’aucune main n’a détachée, et qui a brisé les autels des idoles et est devenue tête d’angle, admirable à nos yeux. Salut, trône sacré de Dieu, trésor du temple de Dieu, maison de gloire, ornement de toute beauté, objet précieux d’élection, propitiatoire du monde entier et ciel racontant la gloire de Dieu. Salut, vase fait d’or pur et contenant la plus suave douceur de nos âmes, le Christ qui est la manne véritable, O Vierge très pure et très digne de toute louange et de toute déférence, temple consacré à Dieu, surpassant la condition de toutes les créatures, terre inviolée, champ non labouré, vigne en pleine fleur, fontaine aux eaux abondantes, vierge féconde et mère qui n’a point connu d’homme, trésor caché d’innocence, et gloire de sainteté. Par vos prières fortes de l’autorité maternelle et très agréées près du Seigneur et Dieu, Créateur de toutes choses, votre Fils né de vous sans avoir eu de père, dirigez le gouvernail de l’ordre ecclésiastique, et conduisez-nous au port de la paix.

Revêtez magnifiquement les prêtres de justice et inspirez-leur les transports d’une foi éprouvée, pure et sincère. Aux princes orthodoxes qui, vous préférant à l’éclat de la pourpre ou de l’or, aux perles et aux pierres précieuses, vous regardent comme leur diadème, leur manteau royal et l’honneur le plus assuré de leur royaume, accordez, sous votre direction, la paix et la prospérité ; abattez et jetez à leurs pieds les nations infidèles qui blasphèment contre vous et contre le Dieu né de vous, et affermissez le peuple soumis, en sa volonté de persévérer, selon le précepte de Dieu, dans la douce dépendance de l’obéissance. Cette cité qui est vôtre et vous regarde comme une tour et un fondement, couronnez- la du triomphe de la victoire ; et en l’environnant de force, gardez la demeure de Dieu, maintenez-y toujours la beauté du temple. Délivrez ceux qui vous louent, de tout danger et de toute angoisse d’âme ; accordez la délivrance aux captifs ; montrez-vous la consolation des voyageurs privés de gîte ou de quelqu’autre secours. Tendez au monde entier votre main secourable, afin que nous célébrions dans la joie et l’allégresse vos solennités, et que toutes, comme celle que nous venons de célébrer, se terminent splendidement dans le Christ Jésus, Roi de l’univers et notre vrai Dieu. A lui gloire et puissance en même temps qu’au Père, saint principe de vie, et à l’Esprit coéternel, consubstantiel et régnant avec le Père, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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