Vox Traditionis

Bréviaire romain · Matines · Temps de l’Épiphanie

Dominica infra Octavam Epiphaniae

Tiré du sermon du Pape St Léon le GrandLeçons 4 à 6 des Matines

(4ème sur l'Epiphanie)

Il est juste et opportun, frères bien-aimés, c'est même notre devoir et notre service pieux, de nous réjouir de tout cœur en ces jours qui nous montrent plus spécialement les opérations de la miséricorde de Dieu, et d'avoir en mémoire les choses qui ont été faites pour notre salut. C'est à cela que nous appellent les saisons de l'année qui reviennent sans cesse, et notamment celle-ci, qui, peu de temps après le jour où le Fils Coéternel de Dieu est né d'une Vierge, amène maintenant la fête de l'Épiphanie, scellée par la manifestation du Seigneur.

Dans cette manifestation, la bonne Providence de Dieu a placé un solide rempart pour notre foi. En effet, alors que, dans un culte solennel, nous nous rappelons comment l'enfance du Sauveur a été adorée dans son premier âge, nous recevons des Écritures originales la doctrine selon laquelle le Christ est né avec la nature même de l'homme. Car c'est ce qui fait des pécheurs des saints, c'est de croire qu'en un seul et même Seigneur Jésus-Christ, il y a une divinité et une humanité - une divinité, en ce sens que, ayant la forme de Dieu, il est égal au Père d'éternité en éternité - et une humanité, en ce sens que, prenant sur lui la forme d'un serviteur, il est né Homme en ces derniers temps.

Pour affermir cette foi que nous professons en face de toute fausse doctrine, la miséricorde de Dieu a fait que l'un des peuples qui habitent les extrémités de l'Orient, et qui excellent dans l'art de lire les étoiles, a vu le signe de la naissance de l'Enfant qui devait régner sur tout Israël. Une nouvelle étoile apparut aux yeux des sages, d'une beauté si éphémère, qu'elle fit naître dans l'esprit de tous ceux qui la virent la persuasion que l'événement annoncé était d'une importance à ne pas négliger.

Homélie de saint Ambroise ÉvêqueLeçons 7 à 9 des Matines

Lecture du Saint Evangile selon St Luc

(Luc 2:42-51)

Quand Jésus eut atteint l’âge de douze ans, ils montèrent à Jérusalem, selon coutume de cette, solennité ; et les jours de fête étant finis, tandis qu’ils revenaient, l’enfant Jésus resta à Jérusalem. Et le reste.

Homélie de saint Ambroise Évêque

(Exposition sur 5 . Luc, livre 2, w. 63-65)

Nous lisons que le Seigneur commença à disputer à l'âge de douze ans. Le nombre de ses années était le même que celui des apôtres qu'il envoya ensuite prêcher la foi. Celui qui, en ce qui concerne sa virilité, était rempli de la sagesse et de la grâce de Dieu, ne se souciait pas des parents de cette même virilité, et, au bout de trois jours, il se plut à être trouvé dans le Temple : ce qui préfigure qu'après les trois jours de sa Passion victorieuse, Celui qui avait été compté parmi les morts, se présenterait, vivant, à notre foi, dans sa royauté céleste et sa divine majesté.

Comment se fait-il que vous m'ayez cherché ? Le Christ a deux Générations, l'une de son Père, l'autre de sa Mère. Celle de son Père est sa génération éternelle comme Dieu le Fils ; celle de sa Mère est celle par laquelle il est venu travailler pour nous et nous servir. Ses actes, par conséquent, qui sont au-dessus de la nature, au-delà de son âge, et différents de sa coutume, n'ont pas été accomplis par la force de son humanité, mais par la puissance de sa divinité. Dans une autre occasion, sa mère l'incite à faire un miracle ; il lui répond qu'elle traite ce qui est de la divinité comme si c'était de l'humanité. Dans cette occasion, il est dit qu'il avait douze ans, mais dans l'autre, il avait déjà des disciples. Sa mère avait vu ses merveilles dans la première occasion, et avait appris de son Fils à faire appel à la nature la plus puissante pour une œuvre de puissance.

Il vint à Nazareth, et leur fut soumis. Rien d'étonnant à ce que le grand Maître ait pratiqué. Et devons-nous nous étonner de ce que Celui qui était soumis à Sa Mère, s'occupait des affaires de Son Père ? Sa soumission à sa mère n'était pas le fruit d'une faiblesse, mais d'une affection dévouée. Cependant, le faux serpent lève la tête de son repaire cruel, et crache du poison de son sein venimeux. Les hérétiques disent que, comme le Fils a été envoyé par le Père, le Père est donc plus grand que le Fils, et que, si le Père est plus grand que le Fils, il y a ce que le Fils est moins, et que celui qui est envoyé a nécessairement besoin d'une force extérieure. Il était soumis à sa Mère ? Etait-il inférieur à elle ? Dieu nous en préserve !

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