Vox Traditionis

Bréviaire romain · Matines · Temps pascal

Feria VI infra Octavam Ascensionis

Sermon de saint Léon, Pape.Leçons 4 à 6 des Matines

(Sermon 2 sur l'Ascension du Seigneur)

Le mystère de notre salut, que le Créateur de l’univers a estimé au prix de son sang, il l’a accompli, depuis le jour de sa naissance corporelle jusqu’au terme de sa passion par une humilité continuelle. Et bien que, même dans sa forme d’esclave, ait rayonné l’éclat de sa divinité, sa vie de ce temps a eu pour but de nous prouver qu’il avait vraiment pris la nature humaine. Après sa passion il brisa les liens de la mort qui avait perdu toute sa puissance en s’emparant de celui qui ignorait le péché ; la faiblesse se changea en puissance, la mortalité en immortalité, les affronts en gloire ; et c’est cette gloire que le Seigneur Jésus-Christ a manifestée aux yeux d’un grand nombre par des preuves nombreuses et évidentes, et en plusieurs manières, jusqu’au jour où il porta aussi dans le ciel le triomphe de la victoire qu’il avait remportée sur la mort.

Ainsi, de même que la résurrection du Seigneur a été le sujet de notre joie dans la fête de Pâques ; son ascension au ciel est la cause de notre allégresse présente ; car nous nous le rappelons et nous le vénérons à juste titre, ce jour où la bassesse de notre nature fut élevée, dans le Christ, au-dessus de toutes les armées célestes, de tous les ordres des Anges, au-dessus de la hauteur de toutes les puissances, et jusqu’au trône de Dieu le Père. C’est par cette économie des œuvres divines que l’édifice de notre salut a été élevé sur de solides fondements ; ainsi la grâce de Dieu est devenue plus digne d’admiration, en ce que le jour où fut soustraite au regard des hommes cette présence visible qui imposait par elle-même un juste sentiment de respect, la foi chrétienne ne défaillit point, l’espérance ne devint pas hésitante et la charité ne se refroidit pas.

C’est la force des grandes âmes et la lumière des cœurs vraiment fidèles, de croire sans hésiter des choses que le regard corporel ne peut atteindre, et de fixer ses désirs là où l’on ne peut porter la vue. Mais d’où cette piété naîtrait-elle dans nos cœurs, et comment quelqu’un pourrait-il être justifié par la foi, si notre salut ne consistait que dans ces choses qui se trouvent placées sous nos regards ? Aussi est-ce pour cela qu’au disciple qui semblait douter de la résurrection du Christ, s’il ne voyait dans sa chair les traces de ses plaies, et s’il ne les constatait par la vue et le toucher, le Seigneur dit : « Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont point vu et qui ont cru ».

Homélie de saint Grégoire, Pape.Leçons 7 à 9 des Matines

Lecture du saint Évangile selon saint Marc.

(Marc 16:14-20)

En ce temps-là : Jésus se montra aux Onze eux-mêmes, tandis qu’ils étaient à table : et il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur cœur, parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui avaient vu qu’il était ressuscité. Et le reste.

Homélie de saint Grégoire, Pape.

(Même Homélie 29)

« Celui qui aura cru et qui aura été baptisé sera sauvé ; mais celui qui n’aura pas cru sera condamné. » Chacun dira peut-être en soi-même : J’ai déjà cru, je serai sauvé. Il dit vrai, s’il manifeste sa foi par ses œuvres, car la foi véritable est celle qui ne contredit point par les œuvres ce qu’elle affirme par ses paroles. C’est pourquoi saint Paul nous dit de quelques faux chrétiens : « Ils déclarent connaître Dieu et ils le nient par leurs œuvres » [37]. Et saint Jean : « Celui qui dit connaître Dieu et ne garde pas ses commandements est un menteur ».

Puisqu’il en est ainsi, c’est par la considération de notre vie que nous connaîtrons si notre foi est véritable. C’est en accomplissant en nos œuvres ce que nous promettons par nos paroles, que nous sommes véritablement fidèles. Or, nous avons promis, au jour de notre baptême, de renoncer à toutes les œuvres de l’antique ennemi et à toutes ses pompes. Que chacun de vous ramène donc ses regards pour se considérer soi-même ; et, s’il garde après son baptême ce qu’il a promis avant le baptême, qu’il se réjouisse, dans l’assurance d’être déjà fidèle.

Mais si, au contraire, il n’a point tenu du tout ce qu’il a promis, s’il s’est laissé aller à commettre des actions mauvaises, à désirer les pompes du monde ; voyons du moins s’il sait pleurer ses égarements. Car celui-là même qui après avoir menti revient à la vérité, n’est point réputé faux et menteur auprès du Juge miséricordieux parce que ce Dieu tout-puissant couvre nos égarements par son jugement, en recevant favorablement notre pénitence.

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