Bréviaire romain · Matines · Temps pascal
Feria III infra Octavam Ascensionis
Sermon de saint Maxime, ÉvêqueLeçons 4 à 6 des Matines
(Homélie 43, qui est la 2e sur la Pentecôte, avant le milieu)
Votre sainteté se rappelle que j’ai comparé le Sauveur à cet aigle des Psaumes [20], duquel nous lisons que sa jeunesse est renouvelée. Cette similitude a un sens fort étendu. En effet, comme l’aigle quitte ce qui est bas, recherche les hauteurs et monte jusque dans les régions voisines des cieux ; de même ainsi le Sauveur a quitté les profondeurs de l’enfer, a gagné les hauteurs du paradis, et a pénétré jusqu’au faîte des cieux. Et comme l’aigle, fuyant les souillures du sol terrestre, volant haut, jouit de la salubrité d’un air très pur ; ainsi pareillement le Seigneur, abandonnant la fange des pécheurs de la terre et volant dans ses saints, s’y réjouit en la simplicité d’une vie très pure.
La comparaison de l’aigle convient donc en tous points au Sauveur. Mais que faisons-nous de ce que l’aigle s’empare fréquemment d’une proie, et enlève souvent le bien d’autrui ? En cela encore, le Sauveur ne diffère pas de l’aigle. Car il a pour ainsi dire ravi une proie, lorsqu’il a porté au ciel l’homme, dont il a pris la nature, qu’il a arraché au gouffre de l’enfer et qu’il a emmené captif au ciel, après avoir délivré de la servitude cet esclave d’une domination étrangère, c’est-à-dire de la puissance du démon, selon qu’il a été écrit par le Prophète : « Le Christ montant au ciel, a conduit la captivité captive ; il a donné des dons aux hommes. »
« Il est monté au ciel, dit-il, il a conduit la captivité captive. » Que ce Prophète décrit bien le triomphe du Seigneur ! C’était, dit-on, la coutume des rois dans leur triomphe de faire marcher devant leur char un cortège pompeux de captifs. Voici que la captivité glorieuse ne précède pas le Seigneur allant au ciel, mais l’accompagne ; elle n’est pas traînée devant son char, mais elle-même sert de char au Sauveur. Par un mystère merveilleux, alors que le Fils de Dieu éleva au ciel le fils de l’homme, la captivité elle-même y est portée et y porte tout à la fois.
Homélie de saint Grégoire, Pape.Leçons 7 à 9 des Matines
Lecture du saint Évangile selon saint Marc.
(Mc 16:14-20)
En ce temps-là : Jésus se montra aux Onze eux-mêmes, tandis qu’ils étaient à table : et il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur cœur, parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui avaient vu qu’il était ressuscité. Et le reste.
Homélie de saint Grégoire, Pape.
(Même Homélie 29)
Il nous faut examiner ce que veut dire saint Marc par ces paroles : « Il est assis à droite de Dieu, » tandis que saint Étienne s’est écrié : « Je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » Comment saint Marc affirme-t-il qu’il est assis, et saint Étienne qu’il le voit debout ? Mais vous savez, mes frères, qu’il appartient au juge d’être assis, de même qu’il appartient à celui qui combat ou qui vient au secours d’être debout.
Notre Rédempteur est monté au Ciel, maintenant il y juge toutes choses, et il viendra encore à la fin du monde pour nous juger tous : aussi saint Marc nous le montre-t-il assis après son ascension, car après cette glorieuse ascension, on le verra comme juge à la fin des temps. Mais saint Étienne dans le fort du combat le vit debout, lui qu’il eut comme protecteur, parce que, de même qu’Étienne a été vainqueur sur la terre de l’infidélité de ses persécuteurs, la grâce du Sauveur combattait pour lui du haut du ciel.
L’évangéliste poursuit : « Et eux, étant partis, prêchèrent partout, le Seigneur coopérant avec eux, et confirmant leur parole par les miracles qui l’accompagnaient. » Ici qu’avons-nous à remarquer, qu’avons-nous à confier à notre mémoire, sinon que l’obéissance suivit le précepte, et que les miracles suivirent l’obéissance ? Mais après avoir, par le secours de Dieu, parcouru la lecture du saint Évangile en l’exposant brièvement, il nous reste à dire quelque chose de la considération même de cette grande solennité.
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