Bréviaire romain · Matines · Temps pascal
Sabbato in Vigilia Pentecostes
Du Traité de saint Augustin, Évêque, du symbole aux CatéchumènesLeçons 4 à 6 des Matines
(Livre 4 chapitre 1 sect. 9)
Alors que par le signe sacré de la Croix, notre mère la sainte Église vous a reçus dans son sein, elle qui va vous donner spirituellement naissance comme à vos frères, avec la joie la plus grande, vous êtes devenus la future génération d’une mère glorieuse, en attendant qu’elle vous régénère dans le bain sacré du baptême et vous rende à la lumière véritable. Jusqu’à ce jour, qu’elle nourrisse avec des aliments convenables ceux qu’elle porte dans son sein, et qu’elle les conduise joyeux au jour de sa délivrance, joyeuse elle aussi. Car l’Église n’est pas sous le coup de la sentence dont a été frappée Ève, qui enfante, dans la tristesse et les gémissements, des enfants qui ne sont eux-mêmes pas dans la joie, mais pleurent plutôt. L’Église délie au contraire ce que la première femme avait lié, afin que, par son obéissance, elle rende à la vie ceux que la désobéissance d’Ève a donnés à la mort. Toutes les cérémonies mystérieuses qui ont été faites et qui se font encore sur vous par le ministère des serviteurs de Dieu : les exorcismes, les prières, les cantiques spirituels, les insufflations, le cilice, l’inclination de tête, les prosternements, cette crainte même qu’il faut désirer avec une assurance entière ; toutes ces choses sont, comme je l’ai dit, les aliments dont cette mère vous nourrit dans son sein, afin que, régénérés par le baptême, elle vous présente tout joyeux au Christ.
Homélie de saint Augustin, ÉvêqueLeçons 7 à 9 des Matines
Lecture du saint Évangile selon saint Jean
(Jn 14:15-21)
En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : Si vous m’aimez, gardez mes commandements. Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Paraclet. Et le reste.
Homélie de saint Augustin, Évêque
(Traité 74 sur S. Jean vers la fin, et 75)
Notre Seigneur, en disant : « Je prierai mon Père et il vous donnera un autre Paraclet », fait voir que lui-même est aussi un Paraclet. Paraclet se traduit en latin par advocatus (avocat) ; or, il a été dit du Christ : « Nous avons pour avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste » [34]. Le Sauveur déclare que le monde ne peut recevoir l’Esprit Saint, dans le même sens où il a été dit : « La prudence de la chair est ennemie de Dieu ; car elle n’est pas soumise à la loi et ne peut l’être » [35]. C’est comme si nous disions : « L’injustice ne peut être la justice. » Par ces mots « le monde », il désigne ici ceux qui sont pleins de l’amour du monde, amour qui ne vient pas du Père. C’est pourquoi, à l’amour de ce monde, que nous avons tant de peine à diminuer et à détruire en nous, est opposé « l’amour de Dieu, que répand dans nos cœurs l’Esprit Saint, qui nous a été donné. »
« Le monde ne peut donc recevoir cet Esprit, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît point. » L’amour mondain est dépourvu de ces yeux invisibles au moyen desquels on peut voir l’Esprit Saint, qui ne peut être vu que d’une manière invisible. « Mais vous, » dit notre Seigneur, « vous le connaîtrez, parce qu’il demeurera au milieu de vous et qu’il sera en vous. » Il sera en eux pour y demeurer ; il ne demeurera pas au milieu d’eux pour y être ; car le fait d’être en un lieu est antérieur à celui d’y demeurer. Mais afin que les disciples n’entendissent pas ces paroles : « Il demeurera au milieu de vous », d’un séjour visible, comme celui que fait d’ordinaire un hôte chez celui qui lui donne l’hospitalité, il a expliqué ces paroles : « Il demeurera au milieu de vous », en ajoutant : « Il sera en vous ».