Bréviaire romain · Matines · Carême et Passion
Feria Quinta in Cena Domini
Du Traité de saint Augustin sur les PsaumesLeçons 4 à 6 des Matines
(Sur le Psaume 54 au verset 1)
« Mon Dieu, écoutez ma prière et ne méprisez pas ma demande : soyez attentifs à me secourir et exaucez-moi ». Ces paroles sont celles d’un homme affligé, accablé d’ennuis et de tribulations. Livré à une épreuve pénible, brûlé du désir d’en être délivré, il a recours à la prière. Il nous reste maintenant à apprendre en quels maux il se trouve plongé ; et, quand il nous l’aura dit, nous devrons reconnaître que nous avons part à son affliction : unis dans la souffrance, nous le serons aussi dans la prière. « Je suis affligé dans mon exercice et je suis troublé ». Affligé, troublé, en quoi ? « Dans mon exercice » Il va parler des méchants qui le font souffrir et des épreuves qu’ils lui font subir : voilà son exercice. Ne vous imaginez point que les méchants sont inutiles en ce monde et que Dieu ne les emploie pas à opérer le bien. Il accorde la vie aux méchants, soit pour leur donner le temps de se convertir, soit afin de les faire servir à éprouver les bons.
Puissent ceux qui nous persécutent aujourd’hui, revenir au bien et partager nos épreuves : néanmoins, aussi longtemps qu’ils nous tourmentent, puissions-nous à notre tour ne pas les prendre en haine ! En effet, de ce qu’ils sont aujourd’hui dans la mauvaise voie, il nous est impossible de conclure que, plus tard, ils ne se convertiront pas : bien souvent il arrive que, au lieu de haïr un ennemi comme tu le crois, tu détestes sans le savoir un de tes frères. Les saintes Ecritures nous l’attestent : le démon et ses anges sont condamnés au feu éternel : eux seuls ne nous laissent aucun espoir de les voir revenir au bien : nous avons à soutenir contre eux une lutte invisible et c’est à cette lutte que l’Apôtre veut nous préparer quand il nous dit : « Nous n’avons pas à combattre contre la « chair et le sang », c’est-à-dire, contre des hommes que nous sommes à même de voir ; « mais contre les principautés et les puissances, contre les princes de ce monde, de ces ténèbres ». A l’entendre s’exprimer de la sorte et dire : « lie ce monde », tu croirais peut-être que le gouvernement du ciel et de la terre appartient au démon, mais ne t’y trompe pas ; aux mots « de ce monde », il a ajouté : de ces ténèbres. Par « le monde », il a entendu les amis du monde. « Le monde » selon lui, ce sont les impies et les pécheurs : c’est du monde que l’Evangile a dit : « Le monde ne l’a pas connu ».
« Car j’ai vu l’injustice et la contradiction dans leur ville ». Remarque au moins le glorieux éclat de sa croix. Cette croix, que ses ennemis ont insultée, a déjà trouvé place au front des rois ; l’événement a déjà prouvé la puissance de Celui qui y a été attaché ; il a dompté le monde, non par les armes, mais par le bois de sa croix. Ses ennemis avaient cru que ce bois était digne de tous les mépris ; ils s’arrêtaient devant lui, secouaient la tête et disaient : « S’il est le Fils de Dieu, qu’il descende de sa croix ». Cloué à ce bois, il tendait les bras à ce peuple incrédule et ennemi. Si celui qui vit de la foi est juste, celui-là est injuste qui n’a pas la foi. Par le mot « injustice », j’entends donc la perfidie. Le Seigneur voyait donc l’iniquité et la contradiction dans la ville ; il étendait ses bras vers un peuple incrédule et ennemi ; il en attendait patiemment le retour au bien et disait : « Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ».
Bréviaire romain, MatinesLeçons 4 à 6 des Matines
De la première épitre du bienheureux apôtre Paul aux Corinthiens
(1 Cor 11:17-22)
17 Mais en vous recommandant ce point, je n'ai garde de vous louer de ce que vous vous assemblez, non pour votre avantage, mais pour votre préjudice.
18 Et d'abord j'apprends que, lorsque vous vous réunissez en assemblée, il y a des scissions parmi vous - et je le crois en partie ;
19 car il faut qu'il y ait parmi vous même des sectes, afin que les frères d'une vertu éprouvée soient manifestés parmi vous.
20 Lors donc que vous vous réunissez ce n'est plus le repas du Seigneur que vous célébrez ;
21 car, à table, chacun commence par prendre son propre repas, en sorte que tels ont faim, tandis que d'autres se gorgent.
22 N'avez-vous pas des maisons pour y manger et boire ? Ou méprisez-vous l'Eglise de Dieu et voulez-vous faire un affront à ceux qui n'ont rien ? Que vous dirai-je ? Que je vous loue ? Non, je ne vous loue point en cela.
(1 Cor 11:23-26)
23 Car, pour moi, j'ai reçu du Seigneur, ce que je vous ai aussi transmis, savoir, que le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain,
24 et après avoir rendu grâces, le rompit et dit : « Prenez et mangez ; ceci est Mon corps, qui sera livré pour vous ; faites ceci en mémoire de Moi.»
25 De même, après avoir soupé, Il prit le calice et dit : « Ce calice est la nouvelle alliance en Mon sang ; faites ceci, toutes les fois que vous en boirez, en mémoire de Moi.»
26 Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez ce calice, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'Il vienne.
(1 Cor 11:27-34)
27 C'est pourquoi celui qui mangera le pain ou boira le calice du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur.
28 Que chacun donc s'éprouve soi-même, et qu'ainsi il mange de ce pain et boive de ce calice ;
29 car celui qui mange et boit indignement, sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit son propre jugement.
30 C'est pour cela qu'il y a parmi vous beaucoup de gens débiles et de malades et qu'un grand nombre sont morts.
31 Si nous nous examinions nous-mêmes nous ne serions pas jugés.
32 Mais le Seigneur nous juge et nous châtie, afin que nous ne soyons pas condamnés avec ce monde.
33 Ainsi, mes frères, lorsque vous vous réunissez pour le repas, attendez-vous les uns les autres.
34 Si quelqu'un a faim qu'il mange chez lui, afin que vous ne vous réunissiez pas pour votre condamnation. Je règlerai les autres choses quand je serai arrivé chez vous.