Vox Traditionis

Bréviaire romain · Matines · Communs

Commun des Apôtres

Sermon de saint Grégoire, PapeLeçons 4 à 6 des Matines

(Homélie 30 sur l’Évangile, après le milieu)

Il est écrit : « L’Esprit du Seigneur a orné les cieux. » Les ornements des cieux sont les vertus des prédicateurs de l’Évangile. Ces ornements, saint Paul les énumère en ces termes : « À l’un est donnée par l’Esprit la parole de sagesse ; à un autre la parole de science, selon le même Esprit ; à un autre la foi, par le même Esprit ; à un autre, la grâce de guérir par le même Esprit ; à un autre, la vertu d’opérer des miracles ; à un autre, la prophétie ; à un autre, le discernement des esprits ; à un autre, le don des langues diverses ; à un autre, l’interprétation des discours. Or, tous ces dons, c’est le seul et même Esprit qui les opère, les distribuant à chacun comme il veut. »

Tous ces dons accordés aux ouvriers évangéliques, sont donc autant d’ornements des cieux. Il est encore écrit : « La Parole du Seigneur a affermi les cieux. » Le Verbe du Seigneur est le Fils du Père. Mais pour qu’il soit manifeste que l’adorable Trinité a concouru tout entière à l’opération de ces merveilles en faveur des mêmes cieux, c’est-à-dire des saints Apôtres, l’écrivain se hâte d’ajouter, au sujet de la divinité du Saint-Esprit : « Et toute leur vertu émane du Souffle de sa bouche ». La vertu des cieux vient donc de l’Esprit-Saint. Comment en effet les Apôtres eussent-ils osé se poser en adversaires contre les puissances du siècle, s’ils n’avaient été soutenus et fortifiés par l’assistance du Saint-Esprit ? Ce qu’étaient les docteurs de la sainte Église, avant que descendît en eux ce divin Esprit, nous le savons, et quelle force ils déployèrent après sa venue, nous le voyons avec admiration.

Quelle était, avant qu’il reçût le Saint-Esprit, la faiblesse et la crainte du Pasteur de l’Église dont nous entourons le tombeau sacré, la servante qui se tenait à la porte du grand-prêtre nous le dira si nous l’interrogeons. Tremblant à la voix d’une femme, Pierre a renié la vie par crainte de la mort. Il a renié son Maître avant qu’il fût élevé de terre, tandis que le larron a confessé sa divinité en le voyant suspendu à la croix. Or, cet homme si lâche, comment se comporte-t-il, après la venue de l’Esprit-Saint ? Nous allons l’apprendre. Les princes des prêtres et les anciens du peuple sont réunis en conseil. Après avoir fait battre de verges les Apôtres Pierre et Jean, ils leur intiment l’ordre de ne plus jamais parler au nom de Jésus. Pierre répond avec une autorité que rien ne saurait ébranler : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. »

Homélie de saint Jérôme, PrêtreLeçons 7 à 9 des Matines

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu

(Mt 19:27-29)

En ce temps-là : Pierre dit à Jésus : Et nous, voici que nous avons tout quitté pour vous suivre : qu’y aura-t-il donc pour nous ? Et le reste.

Homélie de saint Jérôme, Prêtre

(Livre 3 sur S. Matthieu, chapitre 19.)

Confiance admirable ! Pierre était pêcheur, il était loin d’être riche, il gagnait sa vie par le travail de ses mains, et cependant il dit avec la plus grande assurance : « Nous avons tout quitté. » Et, comme tout quitter ne suffit pas, il ajoute ce qui est parfait : « Et nous vous avons suivi. » Nous avons fait ce que vous avez commandé, que nous donnerez-vous en récompense ? Jésus leur répondit : « Je vous dis en vérité que pour vous qui m’avez suivi, lorsqu’au temps de la régénération le Fils de l’homme sera assis sur le trône de sa gloire, vous serez aussi assis sur douze trônes et vous jugerez les douze tribus d’Israël. » Le Sauveur ne dit pas : « vous qui avez tout quitté », car cela le philosophe Cratès l’a fait, et une foule d’autres ont méprisé les richesses, mais il dit : « vous qui m’avez suivi », ce qui est le propre des Apôtres et des fidèles.

Lorsqu’au jour de la résurrection, le Fils de l’homme sera assis sur le trône de sa gloire, quand les morts sortiront, incorruptibles désormais, de la corruption du tombeau, vous serez, vous aussi, assis sur des trônes de juges et vous condamnerez les douze tribus d’Israël, parce que, tandis que vous embrassiez la foi, elles l’ont repoussée. « Et quiconque aura quitté pour moi, ou maison, ou frères, ou sœurs, ou père, ou mère, ou femme, ou enfants, ou terres, recevra le centuple et possédera la vie éternelle. » Ce passage concorde avec cette autre déclaration du Sauveur : « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive ; car je suis venu séparer le fils d’avec le père, la fille d’avec la mère, la belle-fille d’avec la belle-mère, et l’homme aura pour ennemis ceux de sa propre maison. » Ceux donc qui pour la foi de Jésus-Christ et la prédication de l’Évangile, auront sacrifié toutes les affections, renoncé aux richesses et aux plaisirs du monde, recevront le centuple et posséderont la vie éternelle.

Certains esprits s’appuient sur cette promesse pour imaginer une période de mille ans après la Résurrection, période pendant laquelle nous recevrions le centuple de ce que nous avons quitté et ensuite la vie éternelle. Ils ne réfléchissent pas que si cela paraît convenable pour la plupart des biens, il serait ridicule, sous le rapport des femmes, que celui qui aurait quitté son épouse pour le Seigneur, en reçoive cent dans la vie future. Voici dons le sens de cette promesse : celui qui, pour l’amour du Sauveur aura quitté les biens charnels recevra des biens spirituels, lesquels, par leur valeur propre et comparés aux premiers, leur sont aussi supérieurs que le nombre cent l’est à un petit nombre.

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