Bréviaire romain · Matines · Communs
Commun d’un Confesseur Pontife
Sermon de saint Maxime, ÉvêqueLeçons 4 à 6 des Matines
(Homélie 78, la 2e consacrée à S. Eusèbe de Verceil)
Aux louanges de notre saint et bienheureux Père N. dont nous célébrons la fête aujourd’hui, essayer d’ajouter quelque chose, c’est les diminuer, puisque la grâce de ses vertus ne doit pas s’exposer en paroles, mais se prouver par les faits. Car, si l’Écriture nous dit : « La gloire du père, c’est le fils sage », combien grande est la gloire de celui qui se réjouit de la sagesse et de la dévotion de tant de fils. C’est en effet dans le Christ Jésus, que, par l’Évangile, il nous a lui-même engendrés.
C’est ainsi que tout ce qu’il y a de vertu et de grâce dans ce peuple saint découle de lui, comme d’une source très limpide, découle la pureté de tous les petits ruisseaux. En effet, c’est parce qu’il pratiquait une chasteté courageuse, parce qu’il se faisait un honneur de vivre dans une abstinence rigoureuse, parce qu’il était doué des charmes de la douceur, qu’il a porté les hommes à aimer Dieu. Et c’est parce qu’il brillait dans l’administration de sa charge pastorale, qu’il a laissé parmi ses disciples, de nombreux imitateurs de son sacerdoce.
C’est avec raison qu’en ce jour rendu pour nous très joyeux, par le passage au ciel, de notre Bienheureux Père N., nous avons chanté ce verset du psaume : « La mémoire du juste sera éternelle. » Il est digne en effet de demeurer dans la mémoire des hommes, celui qui est passé aux joies des Anges. Une parole divine nous apprend à ne louer personne pendant sa vie, ce qui revient à dire : « Louez l’homme après sa mort, exaltez-le quand il n’est plus. » Il est plus utile de combler d’éloges la mémoire des hommes que de leur décerner la gloire pendant leur existence, cela pour une double raison : afin d’exalter surtout les mérites de la sainteté, quand la flatterie ne peut plus être le mobile de celui qui loue, et ne peut plus enorgueillir celui qui en est l’objet.
Homélie de saint Grégoire, PapeLeçons 7 à 9 des Matines
Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu
(Mt 25:14-23)
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples cette parabole : Un homme partant en voyage appela ses serviteurs, et leur remit ses biens. Et le reste.
Homélie de saint Grégoire, Pape
(Homélie 9 sur l’Évangile)
La leçon du saint Évangile, frères bien-aimés, nous avertit de réfléchir attentivement, afin que nous, qui avons reçu en ce monde plus que les autres, nous ne soyons pas jugés plus sévèrement par l’Auteur du monde. Avec la largesse des dons, grandit l’exigence des comptes. Chacun doit donc prendre motif du don qu’il reçoit, pour être d’autant plus humble et se dévouer d’autant plus promptement au service de Dieu, qu’il s’aperçoit devoir rendre compte de plus d’obligations. Voilà cet homme qui part en voyage, il appelle ses serviteurs et leur distribue des talents à faire fructifier. Mais longtemps après il revient pour demander des comptes. Il récompense du gain qu’ils apportent ceux qui ont travaillé, mais il condamne le serviteur indolent dans la pratique du bien.
Quel est donc cet homme qui part pour un voyage, sinon notre Rédempteur qui, dans la chair même qu’il avait prise, est monté au ciel ? Car la terre est le lieu propre de la chair : et celle-ci est en quelque sorte conduite en pèlerinage, quand elle est placée dans le ciel par notre Rédempteur. Mais cet homme, partant pour un voyage, remit ses biens à ses serviteurs, parce qu’il laissa à ses fidèles des dons spirituels. À l’un il confia cinq talents, à un autre, deux, à un troisième, un seul. C’est qu’en effet le corps a cinq sens : la vue, l’ouïe, le goût, l’odorat et le toucher. Le don des cinq talents exprime donc le don des cinq sens, c’est-à-dire de la connaissance des choses extérieures. Les deux talents désignent l’intelligence et l’action. L’unique talent représente seulement l’intelligence.
Mais celui qui avait reçu cinq talents, en gagna cinq autres : il est en effet des hommes qui, bien qu’ils ne sachent pas pénétrer les choses profondes et cachées, s’efforcent, en vue de la patrie céleste, d’enseigner le bien à ceux à qui ils peuvent l’enseigner. Des talents extérieurs qu’ils ont reçus, ils apportent le double en se gardant des attaques de la chair et de l’ambition des choses terrestres et de la jouissance des choses visibles, et en apprenant aussi aux autres à s’en garder. D’autres hommes sont comme enrichis de deux talents, à savoir l’intelligence et l’action : ils comprennent les subtilités des choses profondes et font à l’extérieur des œuvres admirables. En prêchant aux autres par leur science et par leurs actions, ils rapportent de ce négoce un double gain.