Bréviaire romain · Matines · Communs
Commun de plusieurs Martyrs Évêques
Sermon de saint Augustin, ÉvêqueLeçons 4 à 6 des Matines
(Sermon 47 sur les Saints)
Frères très chers, chaque fois que nous célébrons les fêtes des Saints Martyrs, espérons, par leur intercession, recevoir du Seigneur les bienfaits temporels d’une manière telle qu’imitant ces mêmes Martyrs, nous méritions d’obtenir un jour les récompenses éternelles. Car ceux-là célèbrent dans la vérité les joyeuses solennités des Martyrs, qui suivent leurs exemples. Des exhortations au martyre : voilà en effet ce que sont leurs fêtes. Qu’il n’y ait donc pas répugnance à imiter ce qu’il y a douceur à célébrer.
Pour nous, nous voulons bien jouir avec les Saints, mais non porter avec eux les tribulations de ce monde. Cependant, celui-là ne pourra parvenir à la béatitude des saints Martyrs, qui aura refusé de les imiter dans la mesure du possible.
C’est ce que prêche aussi l’Apôtre Paul disant : « Nous avons été associés à ses souffrances, nous le serons aussi à ses joies. De même le Seigneur en son Évangile : Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï, Moi, avant vous. » Il refuse donc d’appartenir au corps, à l’Église, celui qui n’accepte pas d’être, avec la tête, en butte à la haine.
Mais voici que quelqu’un dit : Et qui donc pourra suivre les traces des Martyrs ? Et moi je lui réponds : Ce ne sont pas seulement les Martyrs, mais encore le Seigneur lui-même, qu’avec son secours, nous pouvons imiter, si nous le voulons. Ce n’est pas moi, mais le Maître même du genre humain que vous entendez s’écrier : « Écoutez mes leçons, car je suis doux et humble de cœur. » Entendez encore l’apôtre Pierre enseigner : « Le Christ a souffert pour nous, nous laissant un exemple, pour que nous suivions ses traces. »
Homélie de Saint Grégoire, PapeLeçons 7 à 9 des Matines
Lecture du Saint Évangile selon Saint Luc
(Lc 21:9-19)
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Quand vous entendrez parler de guerres et de séditions, ne soyez pas effrayés ; il faut que ces choses arrivent d’abord ; mais la fin ne viendra pas sitôt. Et le reste.
Homélie de Saint Grégoire, Pape
(Homélie 35 sur l’Évangile)
Le Seigneur, notre Rédempteur, nous annonce les maux qui précéderont la fin du monde, pour que nous soyons d’autant moins perturbés lorsqu’ils surviendront que nous les aurons connus d’avance. Car les traits blessent moins quand on peut les voir venir, et les malheurs du monde nous semblent moins intolérables si nous nous en protégeons par le bouclier de la prévoyance. Voici en effet que le Seigneur nous dit : « Quand vous entendrez parler de combats et de guerres civiles, ne vous effrayez pas, car il faut d’abord que cela arrive, mais ce ne sera pas encore la fin. » Il faut méditer ces paroles de notre Rédempteur : elles nous annoncent que nous aurons à souffrir au-dedans et au-dehors. Car les combats sont relatifs à des armées ennemies, les guerres civiles à des concitoyens. Et si le Seigneur nous déclare que nous aurons à souffrir ici des armées ennemies et là de nos frères, c’est pour nous faire voir que nous serons mis dans le trouble tant au-dedans qu’au-dehors.
Mais ces maux préalables ne devant pas être aussitôt suivis de la fin, il ajoute : « Les nations se dresseront contre les nations, et les royaumes contre les royaumes ; il y aura de grands tremblements de terre, des pestes et des famines en divers lieux, des phénomènes effrayants venant du ciel, et de grands prodiges. » Ou, selon certaines variantes : « Des phénomènes effrayants venant du ciel et des tempêtes », à quoi s’ajoute : « De grands prodiges ». L’ultime tribulation est précédée de nombreuses autres, et ces maux fréquents qui arriveront les premiers ne feront que signaler les maux éternels qui les suivront. Ainsi, ce ne sera pas encore la fin après les combats et les guerres civiles, car il faut une longue suite de malheurs pour annoncer un malheur qui ne doit pas avoir de fin.
Mais là où sont énoncés tant de signes de dérangement, un rapide examen de chacun d’eux s’impose à nous, puisqu’il nous faut souffrir telles choses du ciel, telles de la terre, telles des éléments et telles des hommes. Quand le Seigneur déclare : « Les nations se dresseront contre les nations », il s’agit d’un désordre venant des hommes. Lorsqu’il dit : « Il y aura en divers lieux de grands tremblements de terre », il fait allusion aux effets de la colère d’en haut ; « Il y aura des pestes » concerne le dérèglement des corps ; « Il y aura des famines » désigne la stérilité de la terre ; « Des phénomènes effrayants venant du ciel et des tempêtes » décrit le dérèglement de l’atmosphère. Puisque toutes choses doivent être détruites, toutes sont ainsi ébranlées avant leur destruction. Et nous qui avons péché par toutes ces choses, nous sommes aussi frappés par toutes, afin de réaliser ce qui a été dit : « Le monde entier combattra pour lui contre les insensés. »
&teDeum