Vox Traditionis

Bréviaire romain · Matines · Communs

Commun d’un Confesseur non pontife

Sermon de saint Jean ChrysostomeLeçons 4 à 6 des Matines

(Panégyrique de S. Philogon)

L’anniversaire du Bienheureux N. dont nous célébrons la fête, a invité notre langue à raconter ses bonnes actions. Car c’est aujourd’hui que le Bienheureux est passé à une vie tranquille et exempte de tout trouble, qu’il a abordé au port où désormais il n’aura plus à craindre de naufrage, ni aucune agitation ou douleur de l’esprit. Que ce lieu soit exempt de tout chagrin pour l’âme, il ne faut pas s’en étonner, puisque saint Paul, parlant à des hommes vivant encore de la vie terrestre, leur dit : « Soyez toujours dans la joie, priez sans cesse. »

Que si, ici-bas, où il y a maladies, où il y a persécutions, où il y a morts prématurées, où il y a colères, où il y a cupidités, où il y a innombrables embûches, où il y a soucis de tous les jours, où les maux se succèdent sans trêve, apportant, de toutes parts, d’innombrables douleurs, si saint Paul a dit qu’il nous est possible d’être toujours joyeux, à condition d’élever un peu la tête au-dessus du flot des affaires de ce monde, et de se faire une vie droite, à bien plus forte raison, quand nous aurons émigré d’ici-bas, serons-nous facilement en possession du bonheur, quand il n’y aura plus rien de tout cela, ni santé mauvaise, ni maladies, ni matière à péché ; là où l’on ne dira plus « mien et tien », paroles glaçantes, apportant dans notre vie tout ce qu’il y a de maux, et engendrant des guerres sans nombre.

C’est pourquoi je félicite grandement de son bonheur ce Saint, qui n’a été enlevé et n’a quitté cette cité qui est nôtre, que pour être inscrit à cette autre cité qui est celle de Dieu. Parti de l’Église d’ici-bas, il est parvenu à l’Église des premiers-nés, inscrits dans les cieux ; abandonnant les fêtes d’ici-bas, il est passé à la liturgie des Anges. Qu’il y ait en effet là-haut cité, Église et liturgie, écoutez saint Paul qui l’affirme : « Vous êtes arrivés à la cité du Dieu vivant, à la Jérusalem céleste et à l’Église des premiers-nés, inscrits dans les deux, et à la foule des myriades angéliques. »

Homélie de saint Grégoire, Pape.Leçons 7 à 9 des Matines

Lecture du saint Évangile selon saint Luc

(Lc 12:35-40)

En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : Que vos reins soient ceints, et les lampes allumées dans vos mains. Et le reste.

Homélie de saint Grégoire, Pape.

(Homélie 13 sur l’Évangile)

Mes très chers frères, le sens de la lecture du saint Évangile que vous venez d’entendre est très clair. Mais de crainte qu’elle ne paraisse, à cause de sa simplicité même, trop élevée à quelques-uns, nous la parcourrons brièvement, afin d’en exposer la signification à ceux qui l’ignorent, sans cependant être à charge à ceux qui la connaissent. Le Seigneur dit : « Que vos reins soient ceints ». Nous ceignons nos reins lorsque nous réprimons les penchants de la chair par la continence. Mais parce que c’est peu de chose de s’abstenir du mal, si l’on ne s’applique également, et par des efforts assidus, à faire du bien, notre Seigneur ajoute aussitôt : « Ayez en vos mains des lampes allumées ». Nous tenons en nos mains des lampes allumées, lorsque nous donnons à notre prochain, par nos bonnes œuvres, des exemples qui l’éclairent. Le Maître désigne assurément ces œuvres-là, quand il dit : « Que votre lumière luise devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. »

Voilà donc les deux choses commandées : ceindre ses reins, et tenir des lampes, ce qui signifie que la chasteté doit parer notre corps, et la lumière de la vérité briller dans nos œuvres. L’une de ces vertus n’est nullement capable de plaire à notre Rédempteur si l’autre ne l’accompagne. Celui qui fait des bonnes actions ne peut lui être agréable s’il n’a renoncé à se souiller par la luxure, ni celui qui garde une chasteté parfaite, s’il ne s’exerce à la pratique des bonnes œuvres. La chasteté n’est donc point une grande vertu sans les bonnes œuvres, et les bonnes œuvres ne sont rien sans la chasteté. Mais si quelqu’un observe les deux préceptes, il lui reste le devoir de tendre par l’espérance à la patrie céleste, et de prendre garde qu’en s’éloignant des vices, il ne le fasse pour l’honneur de ce monde.

« Et vous, soyez semblables à des hommes qui attendent que leur maître revienne des noces, afin que lorsqu’il viendra et frappera à la porte, ils lui ouvrent aussitôt. » Le Seigneur vient en effet quand il se prépare à nous juger, et il frappe à la porte, lorsque, par les peines de la maladie, il nous annonce une mort prochaine. Nous lui ouvrons aussitôt, si nous l’accueillons avec amour. Il ne veut pas ouvrir à son juge lorsqu’il frappe, celui qui tremble de quitter son corps, et redoute de voir ce juge qu’il se souvient avoir méprisé. Mais celui qui se sent rassuré, et par son espérance et par ses œuvres, ouvre aussitôt au Seigneur lorsqu’il frappe à la porte, car il reçoit son Juge avec joie. Et quand le moment de la mort arrive, sa joie redouble à la pensée d’une glorieuse récompense.

&teDeum

Ce texte fait partie du corpus que Vox Traditionis lit et cite mot à mot. Poser une question au moteur sur ce texte.