Bréviaire romain · Matines · Communs
Commun d’une Vierge Martyre
Sermon de Saint Ambroise, ÉvêqueLeçons 4 à 6 des Matines
(Livre 1 sur les Vierges, vers le début)
Puisque c’est aujourd’hui l’anniversaire d’une Vierge, l’amour de l’intégrité nous invite à dire quelque chose de la virginité, afin de ne point paraître nous restreindre à une allusion de passage pour une vertu qui est capitale. Car la virginité n’est pas louable parce qu’elle se trouve dans les Martyrs, mais parce qu’elle-même fait des Martyrs. Mais qui peut comprendre avec un esprit humain cette vertu qui n’est pas inclue dans les lois de la nature ? Ou qui pourrait exprimer totalement, en mots de la nature, ce qui dépasse l’usage de la nature. C’est du ciel que nous est venu le modèle à imiter sur terre. Et ce n’est pas sans raison qu’elle a demandé au ciel sa manière de vivre, celle qui s’est trouvé un Époux au ciel.
Cette vierge, s’élevant au-dessus des nuages, des airs, des Anges et des astres, trouve le Verbe dans le sein même du Père et y puise à plein cœur. Qui donc en effet, après avoir trouvé tant de bien, l’abandonnerait ? « Car parfum répandu est votre nom, c’est pourquoi les jeunes filles vous ont aimé et vous ont attiré. » Enfin ce n’est pas de moi qu’est cette autre parole, que celles qui n’épousent pas et ne sont pas épousées, seront comme les Anges de Dieu dans le ciel. Que personne donc ne s’étonne si elles sont comparées aux Anges, celles qui s’unissent au Seigneur des Anges.
Qui donc niera qu’elle nous est descendue du ciel, cette manière de vivre qu’on ne trouve pas facilement sur terre, si ce n’est depuis que Dieu est descendu dans ces membres de notre corps terrestre ? Une vierge alors le conçut dans son sein et le Verbe s’est fait chair, pour que la chair devînt Dieu. On dira : Mais Élie aussi se trouve n’avoir jamais été mêlé aux passions de l’union corporelle. C’est donc pour cela qu’il a été enlevé au ciel dans un char, pour cela qu’il paraît en gloire avec le Seigneur, pour cela qu’il doit venir en précurseur de l’avènement du Seigneur.
Homélie de saint Grégoire, PapeLeçons 7 à 9 des Matines
Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu
(Mt 25:1-13)
En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples la parabole suivante : Le royaume des cieux est semblable à dix vierges qui prirent leurs lampes et sortirent au-devant de l’époux et de l’épouse. Et le reste.
Homélie de saint Grégoire, Pape
(12e Homélie sur les Évangiles)
Je vous exhorte fréquemment, frères très chers, à fuir les œuvres mauvaises, à éviter les souillures de ce monde, mais la lecture de l’Évangile d’aujourd’hui me pousse à vous dire de cacher avec grand soin vos bonnes actions, de peur de rechercher, dans ce que vous faites de bien, la faveur ou la bienveillance des hommes, de peur que le désir de la louange ne s’y glisse et que ce qui est ostentation extérieure ne soit intérieurement privé de récompense. Voici, en effet, la voix du Rédempteur qui nous montre dix vierges, et toutes sont appelées vierges, et toutes cependant n’ont pas été admises à franchir la porte de la béatitude, parce que certaines d’entre elles, tandis qu’elles cherchaient à tirer de leur virginité une gloire extérieure, ne voulurent pas prendre d’huile dans leurs récipients.
Mais il nous faut d’abord chercher ce qu’est le royaume des cieux, ou pourquoi il est comparé à dix vierges et plus précisément à des vierges, les unes prudentes, les autres étourdies. Quand il est évident qu’aucun réprouvé n’entre au royaume des cieux, comment peut-on le comparer à des vierges étourdies ? Mais il faut savoir que souvent, dans la sainte Écriture, l’Église du temps présent est désignée comme le royaume des cieux. C’est d’elle que le Seigneur dit ailleurs : « Le Fils de l’homme enverra ses Anges, et ils ramasseront tous les scandales, à enlever de son royaume. » En effet, on ne peut trouver dans le royaume de la béatitude où règne la paix parfaite, de scandales à ramasser.
C’est bien dans les cinq sens du corps que chacun vit. Ce nombre doublé parfait la dizaine. Et parce que la multitude des fidèles se compose des deux sexes, la sainte Église est comparée à dix vierges. Et puisque dans l’Église les méchants sont mêlés aux bons, les réprouvés aux élus, c’est avec raison qu’elle est comparée à des vierges sages et à des vierges étourdies. Il y a en effet beaucoup de chastes qui se gardent de l’appétit du bien extérieur et sont emportés par l’espérance, à la poursuite des biens intérieurs. Ils mortifient leur chair et de tout leur désir tendent à la patrie céleste, ils convoitent les récompenses éternelles et, pour leurs labeurs, ne veulent rien recevoir des louanges humaines. Ceux-là au moins ne mettent pas leur gloire dans la bouche des hommes, mais la cachent dans l’intérieur de leur conscience. Il y en a beaucoup aussi qui affligent leur corps par l’abstinence mais désirent recueillir, de leur abstinence, les faveurs des hommes.
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