Bréviaire romain · Matines · 22 février
In Cathedra S. Petri Apostoli Antiochiæ
Sermon de saint Augustin, Évêque.Leçons 4 à 6 des Matines
(Sermo 15 de Sanctis)
L'institution de la solennité de ce jour a reçu de nos ancêtres le nom de Chaire, parce que Pierre, prince des Apôtres, a pris possession aujourd’hui du siège de son épiscopat, selon la tradition. C’est donc à bon droit que les églises célèbrent l’origine de ce siège que l’Apôtre a reçu pour le salut des églises, quand le Seigneur a dit : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église.
Le Seigneur a donc appelé Pierre le fondement de l’Église : et c’est pourquoi l’Église vénère dignement ce fondement sur lequel s’élève toute la hauteur de l’édifice ecclésiastique. C’est donc en toute convenance, que le Psaume qui vient d’être lu nous dit : Qu'on l'exalte dans l'assemblée du peuple, et qu'on le loue dans la chaire des anciens. Béni soit Dieu, qui a prescrit d’exalter le bienheureux Pierre Apôtre dans l’Église. Il convient en effet d’honorer dans l’Église ce fondement par lequel celle-ci s’élève vers le ciel.
De ce que l’origine de la Chaire de saint Pierre est aujourd’hui célébrée, son ministère sacerdotal est aussi honoré. Les églises se rendent ce mutuel hommage, parce que nécessairement une Église a d’autant plus de dignité, que son ministère sacerdotal a plus d’honneur. Après que cette solennité a été justement introduite dans les Églises, par un usage religieux, je m’étonne que chez certains infidèles se soit accrue de nos jours la si pernicieuse erreur d’amasser des mets et des vins sur les tombeaux des morts, comme si les âmes sorties des corps réclamaient des aliments charnels.
Homélie de saint Léon, Pape.Leçons 7 à 9 des Matines
Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu.
(Matt 16:13-19)
En ce temps-là, Jésus vint aux environs de Césarée de Philippe et il interrogeait ses disciples, disant : Que disent les hommes de ce qu’est le Fils de l’homme ? Et le reste.
Homélie de saint Léon, Pape.
(Sermo 3 in annivers. assumpt. suæ, post initium)
Le Seigneur demande aux Apôtres ce que les hommes pensent de lui : et leur réponse est commune aussi longtemps qu’elle exprime l’hésitation de l’esprit des hommes. Mais dès qu’il leur demande leur opinion de disciple, le premier à confesser le Seigneur est celui qui est le premier en dignité apostolique. En effet, quand il eut dit : Vous êtes le Christ Fils du Dieu vivant, Jésus lui répondit : Bienheureux es-tu Simon, fils de Jean, parce que la chair, ni le sang ne font point révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux. C’est-à-dire, pourquoi es-tu bienheureux ? parce que mon Père t’a instruit ; tu n’as pas été trompé par l’opinion des hommes, mais l’inspiration céleste t’a éclairé, et ce n’est la chair ni le sang, mais celui dont je suis le Fils unique qui m’a révélé à toi.
Et moi, dit-il je te dis, c’est-à-dire, de même que mon Père t’a manifesté ma divinité, ainsi moi je te fais connaître ton excellence. Parce que tu es Pierre, c’est-à-dire : comme je suis la pierre inébranlable, moi la pierre angulaire, qui réunis deux peuples en un seul et moi le fondement hors duquel personne n’en peut poser d’autre ; ainsi toi-même tu es une pierre, parce qu’affermi par ma puissance, tu participes en ton union avec moi au pouvoir qui m’appartient en propre. Et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Sur cette force, dit-il, je construirai un temple éternel ; et la sublimité de mon Église, qui doit pénétrer le del, s’élèvera sur la fermeté de cette croyance.
Les portes de l’enfer n’empêcheront pas cette confession, les liens de la mort ne l’enchaîneront pas, car cette parole est une parole de vie. Et comme elle entraîne ses confesseurs vers le ciel, ainsi elle plonge ses négateurs dans l’enfer. C’est pourquoi elle dit au bienheureux Pierre : Je te donnerai les clefs du royaume des cieux, et tout ce que tu auras lié sur terre sera lié aussi dans le ciel ; et tout ce que tu auras délié sur terre sera aussi délié dans le ciel. Il est vrai que la vertu de ce pouvoir a passé aussi aux autres Apôtres, et à tous les princes de l’Église s’est étendu le droit établi par ce décret ; mais ce n’est pas en vain qu’a été spécialement confié à un seul, ce qui est intimé à tous. Car en effet cela est accordé particulièrement à Pierre, parce que la forme de la principauté de Pierre le met avant tous les autres chefs de l’Église. Le privilège de Pierre demeure donc, partout où une sentence est portée d’après son propre jugement ; et elle ne sera pas excessive la rigueur ou la clémence, partout où rien n’aura été lié, rien délié, sinon ce que le bienheureux Pierre aura délié ou lié.
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