Vox Traditionis

Bréviaire romain · Matines · 18 novembre

Dedicace des Basiliques des Sts. Apôtres Pierre et Paul

Duplex maius

Bréviaire romain, MatinesLeçons 4 à 6 des Matines

Des lieux sacrés autrefois vénérés par les premiers chrétiens, les plus célèbres et les plus fréquentés furent ceux qui renfermaient le tombeau des Saints ou qui possédaient quelque reste ou souvenir des Martyrs. Au nombre de ces saints lieux et au premier rang, on mit toujours cette insigne partie du Vatican appelée la confession de saint Pierre. De tous les coins du monde, les chrétiens y accouraient, comme au rocher de la foi et au fondement de l’Église, et vénéraient avec la plus grande religion et piété ce lieu sanctifié par le sépulcre du Prince des Apôtres.

C’est là que se rendit l’empereur Constantin le Grand, huit jours après son baptême, et qu’ayant déposé son diadème et s’étant étendu sur le sol, il donna libre cours à la violence de ses larmes. Après quoi, muni d’une pioche et d’un crochet, il creusa le sol et en tira douze corbeilles de terre en l’honneur des douze apôtres ; puis, ayant ainsi marqué l’emplacement de la Basilique du Prince des Apôtres, il fit bâtir l’église que saint Sylvestre consacra, le quatorze des Calendes de Décembre, comme il avait consacré, le cinq des Ides de Novembre, l’Église du Latran. Il y fit mettre un autel de pierre, oint de chrême, et ordonna qu’on ne fit désormais que des autels de pierre. Il consacra encore la Basilique de Saint- Paul, que Constantin avait magnifiquement bâtie sur la voie d’Ostie. L’Empereur dota ces deux basiliques de nombreux bénéfices et les orna de très riches présents.

Au même jour de l’an seize cent vingt-six, Urbain VIII consacra solennellement la Basilique Vaticane, tombée de vétusté et que la piété de nombreux Papes avait relevée plus grande et plus belle. La Basilique d’Ostie fut à peu près anéantie, en mil huit cent vingt- trois, par un violent incendie ; les soins assidus de quatre Papes la rebâtirent avec plus de splendeur. Pie IX saisit l’heureuse occasion de la proclamation récente du dogme de l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, qui avait attiré à Rome, des points les plus reculés du monde catholique, un grand nombre de cardinaux et d’évêques ; et, le dix décembre mil huit cent cinquante-quatre, entouré d’une si belle couronne de Princes de l’Église et d’Évêques, il consacra solennellement la basilique et ordonna d’en célébrer en ce jour le souvenir.

Homélie de saint Grégoire, PapeLeçons 7 à 9 des Matines

Lecture du saint Évangile selon saint Luc.

(Luc 19:1-10)

En ce temps-là, Jésus, étant entré à Jéricho, traversait la ville. Et voici qu’il y avait un homme appelé Zachée, chef des publicains et lui-même riche. Et le reste.

Homélie de saint Grégoire, Pape

(Liv. 27. sur la Morales, chap. 27. sur le milieu.)

Si nous désirons véritablement posséder et contempler c© la sagesse elle-même, il faut nous reconnaître fous. Laissons la sagesse trompeuse et apprenons la profitable folie. C’est pour cela que l’Écriture dit : Dieu a choisi ce qu'il y a de plus fou en ce monde pour confondre les sages. Et encore : Si quelqu'un de vous paraît sage en ce monde, qu'il devienne fou, pour être sage. Il y a aussi le témoignage de l’Évangile où Zachée, empêché de rien voir par la foule, monte sur un sycomore, pour voir passer le Seigneur. Le nom de Sycomore veut dire figuier fou.

Ainsi le petit Zachée monte sur un sycomore et voit le Seigneur ; parce que ceux qui choisissent humblement la folie selon le monde, arrivent à contempler avec clarté la sagesse de Dieu. La foule est un obstacle à notre petite taille pour voir le Seigneur ; c’est que le tourbillon des soucis du monde empêche le faible esprit de l’homme, de fixer la lumière de vérité. Mais nous montons prudemment sur le sycomore, si, intérieurement, nous gardons avec prévoyance cette folie que Dieu nous prescrit. Car enfin y a-t-il chose plus insensée au monde que de ne pas rechercher ce que l’on a perdu, de se laisser voler son bien, de ne jamais riposter par une injure à des injures et, si l’on en ajoute de nouvelles, de nous garder en patience ?

C’est en effet comme s’il nous ordonnait de monter au sycomore quand le Seigneur nous dit : Si l'on te prend ce qui t'appartient ne le reprends pas, et encore : Si l'on te frappe sur la joue droite, tends aussi la gauche. Grâce au sycomore, on voit le Seigneur qui passe, parce que grâce à cette sage folie, bien que nous ne voyons pas encore à pleine vue, Dieu comme fl est, nous voyons, par la lumière de la contemplation, comme en passant, la sagesse de Dieu que ne peuvent pas voir ceux qui veulent se faire leur sagesse à eux, parce que, retenus par la foule orgueilleuse de leurs pensées, ils n’ont pas encore trouvé le sycomore pour la contemplation du Seigneur.

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