Bréviaire romain · Matines · Dimanches d’août à novembre
Ier dimanche d’août
Du Traité de saint Ambroise Évêque sur le Psaume cent dix-huitLeçons 4 à 6 des Matines
(Sermon 5, n°36-37)
La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse, dit le prophète. Mais qu’est-ce que le commencement de la sagesse, sinon renoncer au siècle ? Parce que prendre goût aux choses du siècle, c’est folie, comme dit l’Apôtre : « La Sagesse de ce monde est folie devant Dieu. » Mais la crainte du Seigneur elle-même, si elle n’est pas selon la science, ne sert de rien ; bien plus elle nuit beaucoup. Ainsi les Juifs ont le zèle de Dieu, mais parce qu’ils ne l’ont pas selon la science, dans leur zèle même et leur crainte, ils commettent une offense plus grande contre la divinité. Lorsqu’ils circoncisent leurs enfants, observent les sabbats, ils ont la crainte de Dieu, mais ignorant que la loi est spirituelle, ils circoncisent leur corps et non leur cœur.
Mais pourquoi parler des Juifs ? Il y en a aussi parmi nous qui ont la crainte de Dieu, mais non selon la science, car ils imposent des préceptes plus lourds que ne le peut porter la condition humaine. La crainte est en eux, parce qu’il leur semble qu’ils observent ainsi la loi et n’exigent que la vertu, mais l’ignorance est en eux, parce qu’ils ne compatissent pas à la nature, n’estimant pas ses possibilités. Il ne faut donc pas avoir une crainte déraisonnable. Car si la vraie sagesse commence par la crainte de Dieu et si la sagesse spirituelle n’est pas sans la crainte de Dieu, de même la crainte ne doit pas être sans la sagesse.
Une sainte crainte est la base de la parole divine. De même qu’une statue placée sur un piédestal en devient plus belle et plus solidement dressée, ainsi la parole de Dieu est mieux établie sur une sainte crainte. Elle est plus fortement enracinée dans le cœur qui craint le Seigneur, en sorte que cette parole ne s’en va plus du cœur de cet homme, et que les oiseaux ne viennent pas l’enlever d’un cœur qui n’en aurait guère souci et feindrait ne l’avoir pas entendue.