Vox Traditionis

Bréviaire romain · Matines · Avent

Ier Dimanche de l’Avent

Sermon de saint Léon, PapeLeçons 4 à 6 des Matines

(Sermon n° 8 sur le jeûne du dixième mois et l’aumône)

Le Sauveur, instruisant ses disciples au sujet de l’avènement du royaume de Dieu ainsi que de la fin du monde et des temps, et, en la personne de ses Apôtres, instruisant toute son Église, leur dit : « Faites attention, de peur que vos cœurs ne s’appesantissent dans l’excès du manger et du boire et les soins de cette vie. » Nous savons, très chers, que ce précepte nous regarde tout spécialement, puisque l’on ne doute guère que ce jour annoncé, quoiqu’encore caché, ne soit bien proche.

Il convient que tout homme se prépare à l’avènement du Sauveur, de crainte qu’il ne le trouve livré à la gourmandise, ou embarrassé dans les soucis du siècle. Il est prouvé, par une expérience de tous les jours, que la vivacité de l’esprit s’altère par l’excès du boire, et que l’énergie du cœur est affaiblie par une trop grande quantité d’aliments. Le plaisir de manger peut devenir nuisible même à la santé du corps si la raison et la tempérance ne le modèrent, ne résistent à l’attrait, et ne retranchent au plaisir ce qui serait superflu.

Car, bien que, sans l’âme, la chair ne désirerait rien, et que c’est d’elle qu’elle reçoit la sensibilité, comme elle en reçoit le mouvement, il est cependant du devoir de cette âme de refuser certaines choses à la substance matérielle qui lui est assujettie. Par un jugement intérieur, elle doit tenir ses sens extérieurs éloignés de ce qui ne lui convient pas, afin qu’étant presque constamment détachée des désirs corporels, elle puisse vaquer à l’étude de la sagesse divine dans le palais de l’intelligence, où le bruit des sollicitudes terrestres ne se faisant plus entendre elle se réjouit dans des méditations saintes, à la pensée des délices éternelles.

Homélie de saint Grégoire, PapeLeçons 7 à 9 des Matines

Lecture du saint Évangile selon saint Luc

(Lc 21:25-33)

En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : il y aura des signes dans le soleil, dans la lune et dans les astres, et, sur la terre, une angoisse des nations. Et le reste.

Homélie de saint Grégoire, Pape

(Homélie 1 sur l’Évangile)

Notre Seigneur et Rédempteur, désirant nous trouver prêts, nous annonce les maux qui doivent accompagner la vieillesse du monde pour nous détourner de son amour. Il nous fait connaître les maux qui précéderont sa fin prochaine, afin que, si nous ne voulons pas craindre Dieu dans la tranquillité, nous redoutions au moins son prochain jugement et soyons comme atterrés par les coups de sa justice.

Un peu avant le passage du saint Évangile que votre fraternité a entendu tout à l’heure, le Seigneur a dit d’abord : « Une nation se soulèvera contre une nation, un royaume contre un royaume. Il y aura de grands tremblements de terre en divers lieux, et des pestes et des famines. » Et, un peu plus loin, il ajoute ce que vous venez également d’entendre : « II y aura des signes dans le soleil, dans la lune et dans les étoiles, et, sur la terre, la détresse des nations, à cause du bruit confus de la mer et des flots. » De toutes ces choses, les unes, nous les voyons déjà accomplies, les autres, nous craignons de les voir arriver bientôt.

Que les nations se soulèvent les unes contre les autres, que la consternation soit parmi les peuples, nous le voyons à notre époque, plus que jamais on ne le vit autrefois. Que des tremblements de terre renversent des villes innombrables en d’autres parties du monde, vous savez combien de fois nous l’avons entendu dire. La peste ne cesse de nous affliger. Quant aux signes dans le soleil, la lune et les étoiles, jusqu’ici nous n’en voyons pas. Mais, le changement que nous remarquons dans l’atmosphère, nous permet de présumer qu’ils ne tarderont pas à se manifester.

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