Bréviaire romain · Matines · Avent
Dominica II Adventus
Du Commentaire de saint Jérôme, prêtre, sur le Prophète Isaïe.Leçons 4 à 6 des Matines
(Liber 4. in cap. 11 Isaíæ.)
« Et il y sortira un rejeton de la racine de Jessé. » Jusqu’au commencement de la vision ou du poids de Babylone, que vit Isaïe, fils d’Amos, toute cette prophétie se rapporte au Christ. Nous allons l’expliquer par parties, de peur que, proposée et discutée à la fois tout entière, elle ne jette la confusion dans la mémoire du lecteur. Les Juifs prétendent que le rejeton et la fleur, sortis de la racine de Jessé, désignent le Seigneur lui-même, dont la puissance royale serait indiquée par le rejeton, et la beauté figurée par la fleur.
Quant à nous, par la tige s’élevant de la racine de Jessé, entendons plutôt la sainte Vierge Marie, qui ne s’est jamais unie à quelque autre tige et dont il est dit plus haut déjà : « Voici qu’une vierge concevra, et enfantera un fils. » Par la fleur, nous entendons le Seigneur, notre Sauveur, qui dit, dans le Cantique des cantiques : « Je suis la fleur du champ et le lys des vallées. »
Donc, sur cette fleur qui, par la Vierge Marie, s’élève tout à coup du tronc et de la racine de Jessé, se reposera l’Esprit du Seigneur ; puisqu’il a plu à Dieu que « toute la plénitude de la divinité habite en lui corporellement » et qu’elle n’y soit pas en partie, comme dans les autres Saints, selon ces paroles que les Nazaréens lisent dans leur Évangile, écrit en langue hébraïque : Toute la source du Saint-Esprit descendra sur lui. Or, le Seigneur est esprit, et où est l’esprit du Seigneur se trouve la liberté.
Homélie de saint Grégoire, Pape.Leçons 7 à 9 des Matines
Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu
(Matt 11:2-10)
En ce temps-là : Jean, dans sa prison, ayant entendu parler des œuvres du Christ, lui envoya dire par ses disciples : Êtes-vous celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? Et le reste.
Homélie de saint Grégoire, Pape.
(Homilia 6 in Evangelia, post initium)
Après tant de signes et de prodiges que le Sauveur avait fait voir, il ne pouvait être pour personne un sujet de scandale, mais il aurait dû rester pour tous un sujet d’admiration. Cependant après tant de miracles, sa mort causa un très grand scandale dans l’esprit des infidèles ; et c’est pourquoi saint Paul a dit : « Nous prêchons le Christ crucifié ; scandale pour les Juifs, folie pour les Gentils ». Oui, les hommes regardèrent comme une folie que l’auteur de la vie mourût pour le salut des hommes ; et ainsi l’homme a tiré un sujet de scandale de ce qui devait le plus exciter sa reconnaissance. Car Dieu doit être honoré par les hommes d’une manière d’autant plus digne, qu’il a souffert pour les hommes de plus indignes traitements.
Quel est donc le sens de ces paroles : « Bienheureux celui qui ne sera point scandalisé de moi ? » N’est-ce pas une déclaration manifeste de l’abjection et de l’humiliation de sa mort ? Comme s’il disait ouvertement : II est vrai que je fais des choses admirables ; mais je ne dédaigne pas d’en souffrir d’abjectes. Puisque donc, en mourant, je me fais semblable à toi, que les hommes qui vénèrent mes miracles, se gardent bien de mépriser en moi la mort.
Mais, écoutons ce que le Sauveur dit aux foules, en leur parlant de Jean, après avoir renvoyé les disciples de ce même Jean : « Qu’êtes-vous allé voir au désert ? un roseau agité par le vent ? » Question qu’il pose non pour affirmer l’exactitude de la comparaison, mais pour la nier. Un roseau s’incline vers le côté opposé dès que la brise le touche. Et que nous désigne le Sauveur par ce terme de roseau, sinon l’âme charnelle ? Celle-ci, aussitôt que la faveur ou la disgrâce viennent l’atteindre, s’incline d’un côté ou de l’autre.