Vox Traditionis

Bréviaire romain · Matines · Temps de l’Épiphanie

Dominica II post Epiphaniam

Sermon de saint Jean ChrysostomeLeçons 4 à 6 des Matines

(Préface aux Êpîtres du B. Paul)

Les Epîtres du bienheureux Paul, tandis que j’en écoute avec application la lecture, souvent deux, trois et quatre fois par semaine et chaque fois que nous célébrons la mémoire des saints Martyrs, me font exulter de joie. Je jouis de cette trompette spirituelle ; je suis réveillé et mon désir s’enflamme en entendant cette voix amie ; il me semble presque le voir présent et l’entendre lui- même discourir. Mais cependant je m’afflige et supporte avec peine que tous ne connaissent pas cet homme comme il le faudrait. 11 en est qui l’ignorent à tel point qu’ils ne savent pas même le nombre de ses Épîtres. Et ce n’est point par incapacité, c’est parce qu’ils ne veulent pas faire un usage assidu des écrits de ce bienheureux homme.

Car il en est de même pour nous ; ce que nous savons, si nous savons quelque chose, nous ne le savons pas à raison de la valeur et de l’acuité de notre esprit, mais à raison de ce fait qu’ardemment attaché à cet homme, nous ne cessons jamais de le lire. Ceux, en effet, qui aiment, comprennent plus que tous les autres, les faits de ceux qu’ils aiment, à raison de leur sollicitude pour les personnes aimées. C’est ce que Paul semble vouloir nous montrer, quand il dit aux Philippiens : Comme il est juste que j'aie ce sentiment de vous tous, puisque je vous ai dans mon cceur, et dans mes liens et dans la défense et l'affermissement de l'Evangile

C'est pourquoi vous aussi, si vous voulez apporter une attention aimante à la lecture, vous n’aurez pas besoin d’autre secours. Car elle est vraie, la parole du Christ nous disant : Cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira. Il est bien vrai d’ailleurs que beaucoup de ceux qui sont venus avec nous à cette réunion, ayant des enfants a élever, une épouse à soigner, une famille à gouverner, ne peuvent pas, à cause de cela, se donner tout entiers à ce travail. Mais certainement vous devez vous exciter vous-mêmes au moins à recevoir ce que les autres ont recueilli, avec un désir d’écouter ce qu’ils vous disent, au moins égal à celui que vous avez de ramasser de l’argent. Car bien qu’il soit honteux qu’on vous demande seulement un zèle égal, il serait à souhaiter cependant que vous en mettiez du moins toujours autant.

Homélie de saint Augustin ÉvêqueLeçons 7 à 9 des Matines

Lecture du saint Évangile selon saint Jean

(Jean 2:1-11)

En ce temps-là, des noces furent célébrées à Cana en Galilée et la mère de Jésus y était ; et Jésus fut invité avec ses disciples aux noces. Et le reste.

Homélie de saint Augustin Évêque

(Traité 9 sur S . Jean, après îe commencement)

Le fait que le Seigneur invité aux noces y est venu, même en dehors de toute signification mystique, indique sa volonté d’assurer que c’est bien lui qui a institué le mariage. Car il devait y avoir de ces gens dont a parlé l’Apôtre, qui interdiraient le mariage, disant que c’était un mal et que c’était le diable qui l’avait intitué, alors que le même Seigneur auquel on demande dans l’Évangile s’il est permis à un homme de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif, répond que cela n’est permis que pour cause d’adultère. En cette réponse, s’il vous en souvient, il dit : Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare point.

Et ceux qui sont bien instruits dans la foi catholique savent que c’est Dieu qui a institué le mariage : et de même que l’union vient de Dieu, ainsi le divorce vient-il du diable. Et voici pourquoi, pour motif d’adultère, il est permis de renvoyer l’épouse. C’est qu’elle-même, la première, n’a plus voulu être épouse, puisqu’elle n’a pas gardé la foi conjugale à son mari. Celles-là non plus ne sont pas sans noces, qui ont voué à Dieu leur virginité, bien qu’elles tiennent dans l’Église un rang supérieur d’honneur et de sainteté, car elles-mêmes ont part à ces noces de toute l’Église, dans lesquelles l’époux est le Christ.

C’est donc pour affermir la chasteté conjugale que le Seigneur invité aux noces y est venu, et pour manifester le mystère des noces, car l’époux de ces noces était la figure de la personne du Seigneur auquel il a été dit : Vous avez gardé le bon vin jusqu’à maintenant. Car le Christ a gardé jusqu’alors le bon vin, c’est-à-dire son Évangile.

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