Vox Traditionis

Bréviaire romain · Matines · Temps de l’Épiphanie

Dominica III Post Epiphaniam

Du Commentaire de saint Augustin Évêque sur l’Épître aux GalatesLeçons 4 à 6 des Matines

(Préface, section 4)

Le motif pour lequel l’Apôtre écrit aux Galates, c’est qu’il veut leur faire comprendre que la grâce de Dieu comporte l’affranchissement du joug de la loi. Quand la grâce de l’Évangile leur eut été annoncée, il ne manqua pas de circoncis qui, chrétiens de nom, mais n’appréciant pas encore pleinement le bienfait même de la grâce, voulaient rester sous le fardeau de la loi, que le Seigneur Dieu avait imposé non pas à des serviteurs de la justice, mais à des esclaves du péché. A ces hommes injustes, le Seigneur avait donné une loi juste, pour manifester leurs péchés, et non pour les leur enlever. Il n’y a, en effet, pour effacer le péché, que la grâce de la foi, qui opère par la charité.

Aux Galates, établis sous l’empire de cette grâce, ces faux docteurs voulaient imposer le joug de la loi ; ils leur assuraient même qu’ils ne pouvaient profiter de l’Êvangile, s’ils ne se faisaient circoncire et ne se soumettaient pas aux autres observances extérieures des rites judaïques. Aussi les Galates commençaient-ils à suspecter l’Apôtre Paul, qui leur avait prêché l’Évangile, comme ne suivant pas la même règle que les autres Apôtres, qui obligeaient les Gentils à pratiquer les rites du Judaïsme.

Pareille question est, à la vérité, traitée aussi dans l'Epître aux Romains ; mais avec quelque différence, semble-t-il, car dans son Epître aux Romains, l'Apôtre apaise les contestations et met fin au différend qui s’était élevé entre les chrétiens sortis du Judaïsme et ceux de la Gentilité. Les premiers prétendaient avoir reçu l’Évangile en récompense du mérite des œuvres de la loi, et refusaient cette récompense aux incirconcis comme imméritée ; ces derniers au contraire se tenaient comme supérieurs aux Juifs, meurtriers du Sauveur. Mais dans FÉpître aux Galates, saint Paul s’adresse à des hommes déjà ébranlés par l’autorité des judaïsants, qui les obligeaient à la pratique des observances légales.

Homélie de saint Jérôme PrêtreLeçons 7 à 9 des Matines

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu

(Matt 8:1-13)

En ce temps-là, lorsque Jésus fut descendu de la montagne, il fut suivi par de grandes foules et voici qu’un lépreux vint se prosterner devant lui. Et le reste.

Homélie de saint Jérôme Prêtre

(Livre i Comment, sur le chapitre 8 de S. Matthieu)

Les foules se précipitent à la rencontre du Seigneur lorsqu’il descend de la montagne ; car elles n’ont pas pu monter sur les hauteurs. C’est un lépreux qui, le premier, courut à sa rencontre ; et en effet, à cause de sa lèpre, il n’avait pas encore pu entendre le si long discours du Seigneur, sur la montagne. U faut noter que c’est lui le premier qui fut guéri individuellement ; ensuite l’enfant du centurion ; en troisième lieu la belle-mère de Pierre qui avait la fièvre à Capharnaüm ; en quatrième lieu il guérit les possédés du démon, qu’on lui présenta et dont il chassa, d’un mot, les esprits mauvais, quand il guérit tous les malades.

Et un lépreux vint et se prosterna devant lut. Il était opportun qu’après sa prédication et son enseignement lui fût offerte l’occasion d’un miracle dont la puissance confirmât l’autorité du discours chez ceux qui l’avaient entendu. Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me purifier. Celui qui implore la volonté, ne doute pas de la puissance. Et Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : Je le veux, sois purifié. Au moment où le Seigneur étend la main, la lèpre disparaît. Remarquez aussi combienla réponse est simple et sans prétention. Le lépreux avait dit : « Si vous voulez » ; le Seigneur répond : « Je le veux »; le lépreux avait ajouté : « Vous pouvez me purifier »; le Seigneur lui dit : « Sois purifié. » Il ne faut donc pas lier les mots et lire comme pensent beaucoup de Latins : Je veux te purifier », mais il faut lire séparément la parole : «Jele veux», puis l’ordre : « Sois purifié. »

Et Jésus lui dit : Prends garde de n’en parler à personne. Et en effet qu’était- il nécessaire que la parole vantât ce que le corps montrait ? Mais va et montre-toi au prêtre. Il l’envoie au prêtre pour plusieurs raisons : d’abord par humilité, pour montrer qu’il rendait honneur aux prêtres. C’était en effet un précepte de la loi, que ceux qui avaient été guéris de la lèpre fissent une offrande aux prêtres. Il l’envoie aussi pour qu’en voyant ce lépreux guéri, on crût ou l’on ne crût pas au Sauveur ; ceux qui croiraient seraient sauvés et ceux qui ne croiraient pas seraient inexcusables. Il voulait en même temps ne point paraître enfreindre la loi, ce dont on l’accusait très souvent.

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