Vox Traditionis

Bréviaire romain · Matines · Temps de l’Épiphanie

Dominica V Post Epiphaniam

Sermon de saint Augustin ÉvêqueLeçons 4 à 6 des Matines

(Sur les paroles de VApôtre3 Sermon 8, vers le début)

C’est une parole pleine d’humanité et digne de toute créance, que le Christ Jésus est venu en ce monc e sauver les pécheurs. Écoi- tez attentivement ce que dit l’Évangile : Le Fils de Vhomme est venu chercher et sauver ce qui périssait. Si l’homme n’eût pas été en perdition, le fils de l’homme ne serait pas venu. L’homme était donc en perdition, mais un Dieu vint à lui et l’homme fut ramené. L’homme s’était perdu par sa volonté libre, un Dieu fait homme vint le sauver par sa grâce libératrice.

Voulez-vous savoir quel est le pouvoir du libre arbitre pour le mal ? Rappelez-vous l’homme commettant le péché. Cherchez- vous à connaître la puissance d'un Dieu-Homme pour nous secourir ? Considérez en lui la grâce qui nous délivre. Nulle part, comme ici, n’a pu être montré ce que peut l’usage de la volonté humaine usurpée par l’orgueil pour un emploi indépendant du secours de Dieu. Non, nulle part le ma) n’a pu être davantage et plus manifestement exprimé que dans le premier homme. Le premier homme s’est perdu, et où serait-il maintenant, si le second Adam n’était venu ? Parce que l’un était homme, l’autre s’est fait homme ; elle est donc pleine d’humanité la parole précitée.

Nulle part non plus la bénignité de la grâce et la libéralité de la toute- puissance de Dieu n’ont paru avec autant d’éclat qu’en cet homme, établi médiateur entre Dieu et les hommes, en cet homme, qui est le Christ Jésus. Que disons-nous, mes frères ? Je parle à des fidèles nourris dans la foi catholique ou à des âmes gagnées à la paix de l’Eglise catholique. Nous avons appris et nous tenons fermement que le médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus homme est, en tant qu’homme, de la même nature que nous. Car notre chair et sa chair ne sont point différentes de nature ; notre âme n’est pas d’une autre nature que son âme. La nature dont il s’est revêtu, c’est celle qu’il a résolu de sauver.

Homélie de saint Augustin ÉvêqueLeçons 7 à 9 des Matines

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu

(Matt 13:24-30)

En ce temps-là, Jésus dit aux foules cette parabole : Le royaume des deux est semblable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Et le reste.

Homélie de saint Augustin Évêque

(Livre des Questions sur VÉvangile de 5 . Matthieu;, chap. II, section 4.)

Tandis que les pasteurs de l’Eglise agissaient d’une façon trop négligente, ou lorsque les Apôtres furent entrés dans le sommeil de la mort, le diable vint et, sur la bonne semence, jeta la semence que te Seigneur appelle de mauvais tils. Mais, demande-t-on, est-ce que ce sont les hérétiques, ou les catholiques de mauvaise vie ? En effet, on peut appeler mauvais fils les hérétiques aussi, parce que, engendrés par la même semence de l’Évangile et par le nom du Christ, ils se sont, avec leurs opinions erronées, tournés vers les faux dogmes.

Mais puisque le Seigneur Hit nn*ilc nnt ÂtA « PtriRC dit qu’ils ont été semés au milieu du froment, il semble désigner ceux qui appartiennent à la même communion. Cependant, parce que, d’après l’explication du Seigneur, le champ ne représente pas l’Église, mais ce monde, on a raison de penser aux hérétiques qui ont en commun avec les bons, non d’appartenir à une même Église ou à une même foi, mais d’avoir le même nom de chrétiens et qui sont ainsi mélangés aux bons eu ce monde. Quant aux méchants qui partagent la même foi, ils sont représentés plutôt par la paille que par l’i vraie, parce que la paille a le même fondement, la même racine que le froment.

C’est dans ce filet, où sont pris les poissons bons et mauvais, qu’il est normal de reconnaître les mauvais catholiques. Autre chose en effet la mer — et c’est elle qui signifie plutôt le monde présent ; — autre chose le filet qui semble indiquer la communion d’une même foi ou d’une même Église. Entre les hérétiques et les mauvais catholiques, il y a cette différence que les hérétiques croient des choses fausses, tandis que les mauvais catholiques, croyant des choses vraies, ne vivent pas selon leur foi.

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