Bréviaire romain · Matines · Temps de l’Épiphanie
Dominica VI Post Epiphaniam
Sermon de saint Athanase ÉvêqueLeçons 4 à 6 des Matines
(Second discours contre les Ariens, après le milieu)
Si les hérétiques considéraient avec quelque attention la personne, la chose et le temps dont parle l’Apôtre, jamais ils n’attribueraient à la Divinité des attributs humains et ne se comporteraient en adversaires du Christ d’une manière aussi impie et aussi déraisonnable. C’est ce qu'il sera aisé de voir, si vous voulez bien examiner attentivement le commencement de la lecture que nous allons vous répéter une seconde fois. L’Apôtre dit : Dieu, qui n parlé autrefois, bien souvent et en bien de' manières, à nos pères9 par les Prophètes, nous a dernièrement, en ces jours9 parlé par soîi fils. Et peu après il ajoute : Après avoir opéré la purification de nos péchés, il s’est assis à la droite de la majesté, au plus haut des cieux. Il est devenu d’autant supérieur aux Anges que le nom qiCil a reçu en partage est bien au-dessus du leur. L’Apôtre fait donc ici mention de ce temps auquel Dieu nous a parlé par son Fils, lorsque le Fils nous purifiait de nos péchés. Or, quand est-ce que Dieu nous a parlé par son Fils ? quand la purification des péchés a-t-elle été opérée ? quand est-ce qu’il est né comme homme, si ce n’est après les Prophètes et en ces derniers temps ?
De plus l’Apôtre, entreprenant de parler aux Hébreux de l’Incarnation du Verbe et des derniers temps, se voit amené par une conséquence de son dessein, à rappeler que Dieu n’était pas demeuré dans le silence à l’égard des hommes durant les siècles précédents, mais qu’il leur avait parlé par les Prophètes. Après nous avoir fait entendre que les Prophètes se sont acquittés de leur office, que la loi a été donnée par le ministère des Anges, que le Fils même est descendu jusqu’à nous et qu’il est entré dans les fonctions de son ministère, alors enfin, l’Apôtre ajoute nécessairement : Il est devenu d9autant supérieur aux Anges ; voulant montrer qu’autant le Fils est élevé au-dessus du serviteur, autant le ministère du Fils l’emporte en excellence sur le ministère et la fonction des serviteurs.
L'Apôtre établit donc la distinction qui existe entre le ministère de la loi ancienne et celui de la loi nouvelle, et il use d’une grande liberté de langage, écrivant et parlant à des Juifs. Pour affirmer cette distinction, il n’a pas dit en général, en fonction d’une comparaison au sens strict, que le Christ était plus grand ou plus honoré, de peur que quelqu’un n’interprétât ces paroles d’une comparaison entre caractères communs de même genre ; mais il le dit à dessein meilleur, pour bien marquer la différence de natme entre le Fils et les choses créées.
Homélie de 3aint Jérôme PrêtreLeçons 7 à 9 des Matines
Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu
(Matt 13:31-35)
En ce temps-là, Jésus dit aux foules cette parabole : Le royaume des deux est semblable à un grain de sénevé qu’un homme sema dans son champ. Et le reste.
Homélie de 3aint Jérôme Prêtre
(Livre 2, Comment. du chapitre 13 de S. Matthieu)
Le royaume des deux, c’est la prédication de l’Evangile, c’est la connaissance des Écritures, qui mène à la vie, et au sujet de laquelle il est dit aux Juifs : Le royaume de Dieu vous sera enlevé ; il sera donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. C’est donc ce royaume-là qui est semblable à un grain de sénevé qu’un homme a semé dans son champ. Dans cet homme qui ensemence son champ, la plupart reconnaissent le Sauveur, parce qu’il ensemence les âmes des croyants. D’autres y voient le chrétien lui-même, qui sème dans son champ, c’est-à-dire en soi-même, en son propre cœur.
Qui est alors le semeur, sinon notre sentiment et notre esprit qui, recevant le grain de la prédication et favorisant l’action du semeur, font croître la graine par la rosée de la foi dans le champ du cœur ? Parmi tous les enseignements, bien humble est celui de l'Évangile. Certes, elle n’inspire pas confiance en sa vérité, une doctrine qui, tout d’abord, prêche un Homme- Dieu, un Christ mort et le scandale de la croix. Que l’on compare cette doctrine aux dogmes des philosophes, à leurs livres, à leur éloquence splendide et à leurs discours bien composés, 011 verra combien la graine de l’Évangile est plus petite que toutes les autres semences.
Mais celles-ci, lorsqu’elles ont poussé, ne manifestent rien de mordant, rien de vivace, rien de vital ; au contraire, tout y est flasque, mou et languissant ; il n’en sort que de petites plantes et des herbes qui aussitôt se dessèchent et meurent. Tandis que notre doctrine, qui à son début paraissait toute petite, lorsqu’elle a été semée, soit dans l’âme du croyant, soit dans le monde entier, ne devient pas une petite plante, mais elle devient un arbre, au point que les oiseaux du ciel — entendons les âmes des croyants ou leurs énergies vouées au service de Dieu — y viennent et habitent sur ses branches. Et ces branches de l’arbre évangélique sorti du grain de sénevé, je crois que ce sont les différentes vérités de foi en lesquelles se repose chacun des susdits oiseaux.
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