Bréviaire romain · Matines · Temps pascal
Dominica II Post Pascha
Sermon de saint Léon PapeLeçons 4 à 6 des Matines
(Sermon l sur l’Ascension du Seigneur, après le début)
Mes bien-aimés, les jours qui se sont écoulés entre la résurrection du Seigneur et son Ascension n’ont point passé infructueux pour nous ; mais en ces jours de grands sacrements ont été confirmés, de grands mystères révélés. En ces jours, la crainte d’une mort funeste nous est enlevée et non seulement l’immortalité de l’âme, mais aussi celle du corps nous est révélée. C’est en ces jours aussi que, par le souffle du Seigneur, le Saint Esprit se répand sur tous les Apôtres et que le bienheureux Apôtre Pierre reçoit, de préférence aux autres, après les clefs du royaume, le soin du troupeau du Seigneur.
C’est pendant ces jours que le Seigneur se joint à deux disciples comme compagnon de voyage et qu’afin de dissiper toutes les ténèbres de nos doutes, il reproche à ces hommes craintifs et tremblants leur lenteur à croire. Leurs coeurs illuminés font jaillir la flamme de la foi et, de tièdes, ils deviennent tout ardents, tandis que le Seigneur découvre le sens des Écritures. A la fraction du pain aussi, les yeux des convives s’ouvrent. Combien plus heureusement alors furent ouverts les yeux de ces disciples, auxquels fut manifestée la glorification de leur propre nature, que ne Pavaient été ceux de nos premiers parents, pour sentir la honte de leur prévarication.
Devant ces miracles et d’autres encore, les disciples étaient agités de pensées craintives, bien que le Seigneur eût apparu au milieu d’eux et leur eût dit : «Paix à vous.» Pour chasser le doute qui flottait dans leur coeur, (car ils croyaient voir un esprit et non un corps), le Sauveur confond des pensées si peu conformes à la vérité ; il met sous les yeux des disciples, qui doutaient encore, les marques de son crucifiement demeurées dans ses mains et dans ses pieds ; il invite à les examiner attentivement et à les toucher. Les traces des blessures faites par la lance et par les clous étaient conservées pour guérir les plaies des coeurs infidèles, et pour que l’on crût, non d’une fois chancelante, mais par une connaissance très sûre, que cette même nature, qui avait été gisante dans le tombeau, devait s’asseoir sur le trône de Dieu le Père.
Bréviaire romain, MatinesLeçons 7 à 9 des Matines
Lecture du saint Évangile selon saint Jean
(Jean 10:11-16)
En ce temps-là, Jésus dit aux Pharisiens : Je suis le Bon Pasteur ; le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis. Et le reste.
Homélie de saint Grégoire Pape.
(Homélie 14 sur les Évangiles)
Vous avez entendu, frères très chers, dans la lecture de l’Évangile, une parole qui vous instruit ; vous avez appris aussi à quel danger nous sommes exposés. Celui, en effet, qui est bon, non par un don accidentel, mais par l’essence de sa nature, vous dit : Je suis le Bon Pasteur. Et nous donnant le modèle de cette bonté, pour que nous l ’imitions, il ajoute : le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis. Il a fait ce qu’il a enseigné ; il nous donne l ’exemple de ce qu’il a ordonné. Le Bon Pasteur a donné sa vie pour ses brebis, afin de convertir en nourriture, dans notre sacrement, son Corps et son Sang, et d'en rassasier les brebis qu’il avait rachetées.
Par le mépris de la mort il nous a montré la voie que nous devons suivre ; il nous a donné l ’exemplaire sur lequel nous devons nous modeler. Notre premier devoir est d’employer charitablement nos biens extérieurs en faveur des brebis du Christ ; mais il faut encore, s’il est nécessaire, donner notre vie pour elles. C’est par le premier acte qui est peu de chose, que l’on parvient au dernier qui est plus grand. Mais puisque l’âme par laquellenous vivons est incomparablement meilleure que les biens de la terre que nous possédons extérieurement, celui qui ne donne même pas ses biens pour ses brebis, quand donnera-t-il sa vie pour elles ?
Il en est qui, aimant les biens de la terre plus que leurs brebis, ne méritent plus le nom de pasteurs. A leur sujet l’Évangile ajoute aussitôt : Mais le mercenaire et celui qui n'est pas le pasteur3 celui dont les brebis ne sont pas le bien propre, voyant venir le loup, laisse là les brebis et s'enfuit. On n’appelle point pasteur, mais mercenaire, celui qui fait paître les brebis du Seigneur dans l’espoir des récompenses temporelles, et non par le motif d'un amour profond. Car il est mercenaire, celui qui tient la place de pasteur, mais ne cherche pas le bien des âmes, aspire après les commodités terrestres, se réjouit de l'honneur que lui donne sa charge, se nourrit des biens temporels et se délecte des égards que les hommes ont pour lui.
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