Bréviaire romain · Matines · Carême et Passion
Feria Sexta in Parasceve
Du Traité de saint Augustin sur les PsaumesLeçons 4 à 6 des Matines
(Sur le Psaume 63, au verset 2.)
« Vous m’avez protégé contre l’assemblée des méchants, contre la multitude de ceux qui commettent l’iniquité ». Ici, portons nos regards sur notre chef. Beaucoup de martyrs ont pu, à juste titre, se plaindre des procédés des méchants et des pécheurs, mais nul d’entre eux n’a eu à souffrir, de leur part, autant que le Sauveur : en considérant ce qu’Il a enduré, nous comprendrons bien mieux ce qu’ils ont supporté. Il a été protégé contre l’assemblée des méchants : Dieu lui accordait son secours ; Il n’a pas Lui-même abandonné Son corps à la volonté perverse des pécheurs : Fils de Dieu incarné, Fils de Dieu et Fils de l’homme tout ensemble, Fils de Dieu à cause de la substance divine qu’Il possédait, Fils de l’homme, à cause de la forme d’esclave dont Il S’était revêtu, Il le protégeait : car Il avait le pouvoir de donner Sa vie et de la reprendre. Quel mal ses ennemis ont-ils pu Lui faire ? Ils ont fait mourir Son corps mais ils n’ont pu faire mourir Son âme. Veuillez remarquer ceci : c’eût été peu pour Lui d’exciter de bouche ses disciples au martyre : il fallait qu’Il leur prêchât d’exemple.
Vous savez quelles étaient ces assemblées de méchants : c’étaient celles des Juifs ; vous connaissez l’iniquité de cette multitude de pécheurs : elle a consisté dans le dessein formé par eux de faire mourir Notre Seigneur Jésus-Christ. « J’ai opéré sous vos yeux un si grand nombre de bonnes oeuvres : pour laquelle voulez-vous me mettre à mort ? » Il avait supporté patiemment les indiscrets empressements de tous leurs malades, guéri tous leurs infirmes, prêché au milieu d’eux la parole de Dieu ; Il avait mis le doigt sur leurs vices pour leur en inspirer la haine et non pour leur faire détester le médecin, qui voulait leur rendre la santé de l’âme : au lieu de Lui témoigner de la reconnaissance pour tant de guérisons, ils se montrèrent ingrats : à les voir s’emporter contre Lui, on eût dit qu’une fièvre violente leur avait ôté le sens et qu’une sorte de rage les animait à l’égard du bienveillant médecin qui était venu apporter un remède à leurs maux : ils formèrent donc le projet de Le perdre, comme s’ils voulaient s’assurer de ce qu’Il était : un homme, comme les autres, sujet à la mort, ou un homme supérieur aux autres et à l’abri des coups du trépas. Le livre de la Sagesse de Salomon a prédit les paroles qu’ils prononcèrent alors : « Condamnons-Le à mourir d’une mort infâme : éprouvons si ce qu’Il a dit est véritable. S’il est le Fils de Dieu, que Dieu le délivre ! »
« Ils ont aiguisé leurs langues comme une épée. Les dents des enfants des hommes sont comme des armes et des flèches : leur langue est comme une épée perçante ». Ce que le Psalmiste dit ailleurs, nous le retrouvons ici : « Il ont aiguisé leur langue comme une épée ». Que les Juifs ne disent pas : Nous n’avons pas fait mourir le Christ. Car s’ils l’ont traduit au tribunal de Pilate, c’était afin de rejeter sur le gouverneur romain l’odieux de la condamnation du Sauveur et de n’être point eux-mêmes accusés. En effet, lorsque Pilate leur dit : « Faites-le vous-mêmes mourir», ils lui firent cette réponse : « Il ne nous est permis de faire mourir personne ». Leur dessein était donc de faire peser sur un seul, sur le juge, toute la responsabilité de leur crime ; mais pouvaient-ils tromper le souverain Juge ? Ce qu’a fait Pilate pèse donc sur lui dans la proportion de la part qu’il a prise à la perpétration du déicide. Mais, si l’on compare sa conduite à celle des Juifs, il est de beaucoup moins coupable qu’eux. Autant que possible, il insista en sa faveur pour le tirer de leurs mains : dans cette intention, il le fit flageller et le présenta tout ensanglanté à leurs regards. En le soumettant au supplice de la flagellation, ce faible juge n’avait certainement pas la volonté de se déclarer contre Jésus et de lui faire du mal : ce qu’il avait en vue, c’était de donner à leur fureur une sorte de satisfaction ; il s’imaginait qu’en le voyant meurtri de la sorte, ils s’adouciraient un peu et se désisteraient de leur projet homicide. Il suivit donc ce plan de conduite, mais s’apercevant qu’ils persévéraient dans leurs idées sanguinaires, il lava ses mains, vous le savez, et il déclara qu’il n’était pour rien dans la condamnation de cet homme et qu’il était innocent de sa mort. Néanmoins, il le condamna. Il agit contre son gré et tout le monde lui impute l’injustice de cette condamnation ; et ceux qui l’ont forcé à rendre l’inique sentence seraient innocents ! Oh ! non, Pilate a prononcé le verdict ; il a donné l’ordre de crucifier Jésus ; il l’a, en quelque sorte, tué de sa main : mais, en réalité, ô Juifs, c’est vous qui lui avez donné le coup de la mort. Et comment lui avez-vous ôté la vie ? De quel instrument vous êtes-vous servi ? Du glaive de votre langue, car vous l’avez aiguisée comme une épée. Et à quel moment avez-vous frappé votre victime ? C’est lorsque vous vous êtes écriés : « Crucifie-le, crucifie-le ! »
Bréviaire romain, MatinesLeçons 7 à 9 des Matines
De l'épitre du bienheureux apôtre Paul aux Hébreux
(Heb 4:11-15)
11 Empressons-nous donc d’entrer dans ce repos-là, afin que plus personne ne tombe en suivant l’exemple de ceux qui ont refusé de croire.
12 Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur.
13 Pas une créature n’échappe à ses yeux, tout est nu devant elle, soumis à son regard ; nous aurons à lui rendre des comptes.
14 En Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, Celui qui a traversé les cieux ; tenons donc ferme l’affirmation de notre foi.
15 En effet, nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché.
(Heb 4:16 ; 5:1-3)
16 Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours.
1 Tout grand prêtre, en effet, est pris parmi les hommes ; il est établi pour intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu ; il doit offrir des dons et des sacrifices pour les péchés.
02 Il est capable de compréhension envers ceux qui commettent des fautes par ignorance ou par égarement, car il est, lui aussi, rempli de faiblesse ;
03 et, à cause de cette faiblesse, il doit offrir des sacrifices pour ses propres péchés comme pour ceux du peuple.
(Heb 5:4-10)
4 On ne s’attribue pas cet honneur à soi-même, on est appelé par Dieu, comme Aaron.
05 Il en est bien ainsi pour le Christ : Il ne S’est pas donné à Lui-même la gloire de devenir grand prêtre ; Il l’a reçue de Dieu, qui Lui a dit : Tu es mon Fils, Moi, aujourd’hui, Je T’ai engendré,
06 car Il Lui dit aussi dans un autre psaume : Tu es prêtre selon l’ordre de Melchisedech pour l’éternité.
07 Pendant les jours de Sa vie dans la chair, Il offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait Le sauver de la mort, et Il fut exaucé en raison de Son grand respect.
08 Bien qu’il soit le Fils, Il apprit par ses souffrances l’obéissance
09 et, conduit à Sa perfection, Il est devenu pour tous ceux qui Lui obéissent, la cause du salut éternel
10 car Dieu L’a proclamé grand prêtre selon l’ordre de Melchisedech.