Bréviaire romain · Matines · Communs
Commun d’un Martyr au temps Pascal
Sermon de saint Ambroise, ÉvêqueLeçons 4 à 6 des Matines
(Sermon 22)
Il est juste et raisonnable, mes frères, qu’après avoir célébré dans l’Église avec tant d’allégresse la solennité de Pâques, nous partagions notre joie avec les saints Martyrs et que nous leur annoncions la gloire de la Résurrection du Seigneur, puisqu’ils ont été les compagnons de sa Passion. Car ceux qui ont part aux outrages doivent aussi avoir part à la joie. Ce sont les paroles formelles de l’Apôtre qui dit : « Comme vous êtes associés aux souffrances, vous le serez aussi à la Résurrection ; si nous souffrons avec Lui, nous règnerons avec Lui. » Ceux donc qui ont enduré des maux ici-bas pour l’amour de Jésus-Christ doivent jouir de la gloire avec Jésus-Christ.
Annonçons, dis-je, aux Saints Martyrs, le mystère de la Pâque et de la Résurrection : disons-leur que le tombeau du Seigneur a été ouvert afin qu’ils espèrent que les leurs le seront aussi. Disons-leur que son corps tout mort qu’il était a repris sa première vigueur et que le sang a coulé de nouveau dans ses veines, afin qu’ils attendent cette bienheureuse immortalité qui doit ranimer leurs membres froids. Car ce qui a ressuscité Jésus-Christ ressuscitera aussi les Martyrs. Comme ils ont marché par la voie des souffrances, ils marcheront par la voie de la vie. Il est écrit dans le Psaume : « Vous m’avez fait connaître les sentiers de la vie », et cela est dit de la Résurrection du Sauveur qui, revenant du tombeau après la mort, commence à marcher par un chemin qui était inconnu auparavant.
Car avant l’avènement de Jésus-Christ, les hommes ignoraient le chemin de la vie, qui n’avait pas encore été frayé par la résurrection de personne. Mais depuis que la Résurrection du Seigneur l’a fait connaître, plusieurs y ont marché, dont le Saint Évangéliste dit : « Les Corps de plusieurs saints furent ressuscités avec lui et entrèrent dans la Sainte Cité. » C’est pourquoi Jésus-Christ ressuscité ayant dit : « Vous m’avez fait connaître les voies de la vie », nous pouvons aussi dire maintenant au Seigneur : « Vous nous avez fait connaître les voies de la vie. » Car il nous les a fait connaître, en effet, puisqu’il nous a découvert le sentier par lequel on arrive à la vie. Il m’a fait connaître les voies de la vie lorsqu’il m’a appris à vivre selon la foi et à pratiquer la miséricorde, la justice, la charité, ces vertus étant autant de voies qui conduisent au salut.
Bréviaire romain, MatinesLeçons 7 à 9 des Matines
Lecture du Saint Évangile selon Saint Jean
(Jn 15:1-7)
En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : Je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Et le reste.
(Sermon de saint Augustin, Évêque)
(Traité 80 sur S. Jean)
Cet endroit de l’Évangile, mes frères, où Notre-Seigneur dit à ses disciples qu’il est la vigne et qu’ils en sont les branches, doit s’entendre en ce sens que Jésus-Christ homme, médiateur entre Dieu et les hommes, est le chef de l’Église et que nous sommes ses membres. La vigne et ses branches sont de même nature ; c’est pourquoi, comme il était Dieu et que nous n’avons pas la nature divine, il s’est fait homme, afin que la nature humaine fût en lui comme une vigne, dont nous autres hommes nous pourrions être les branches.
Mais que veut dire : « Je suis la vraie vigne » ? En ajoutant le mot « vraie », a-t-il voulu dire qu’il se rapporte à cette vigne d’où la comparaison est tirée ? Il est en effet appelé vigne par comparaison, et non par appropriation, comme il est appelé brebis, agneau, lion, rocher, pierre angulaire et autres choses qui sont vraiment ce que leur nom signifie, mais qui, dans le cas présent, servent à établir une comparaison et non à indiquer l’existence de propriétés réelles. Aussi, quand Jésus dit : « Je suis la vraie vigne », c’est pour se distinguer de celle à qui il est dit : « Comment as-tu dégénéré jusqu’à devenir une fausse vigne ? » Car peut-on dire qu’elle était une vraie vigne, celle dont on attendait du raisin et qui a produit des épines ?
« Je suis la vraie vigne », dit Jésus-Christ, « et mon Père est le vigneron. Il retranchera toutes les branches qui ne portent point de fruit en moi, et il émondera toutes celles qui portent du fruit, afin qu’elles en portent davantage. » Le vigneron et la vigne sont-ils donc la même chose ? Jésus-Christ est la vigne selon la nature qui lui permet de dire : « Le Père est plus grand que moi. » Mais selon la nature qui lui permet de dire : « Le Père et moi nous sommes un », il est lui-même le vigneron. Non pas un vigneron comme ceux qui en travaillant ne peuvent donner que des soins extérieurs, mais un vigneron capable de donner l’accroissement intérieur. « Car ce n’est pas celui qui plante, ni celui qui arrose qui est quelque chose, mais c’est Dieu qui donne l’accroissement. » Or, Jésus-Christ est vraiment Dieu, car « le Verbe était Dieu », ce qui fait que le Père et lui ne sont qu’un. Et si « le Verbe s’est fait chair », ce qu’il n’était pas, il est cependant resté ce qu’il était.
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