Vox Traditionis

Bréviaire romain · Matines · Communs

Commun de la Dédicace d’une Église

Sermon de saint Augustin, ÉvêqueLeçons 4 à 6 des Matines

(Sermon 252 du Temps)

Chaque fois, frères bien-aimés, que nous célébrons la fête de l’autel ou du temple, si nous sommes fidèlement et soigneusement attentifs, ayant aussi une vie sainte et juste, tout ce qui se fait dans ces temples bâtis de main d’homme s’accomplit totalement en nous, en édification spirituelle. Car il ne ment pas, celui qui a dit : « Il est saint en effet, ce temple de Dieu que vous êtes. » Et encore : « Ignorez-vous que vos corps sont le temple du Saint-Esprit qui est en vous ? » C’est pourquoi, frères bien-aimés, puisque, sans aucun mérite précédent, la grâce de Dieu nous a donné de mériter de devenir le temple de Dieu, travaillons, autant que nous le pouvons, à ce que notre Seigneur ne trouve dans son temple, c’est-à-dire en nous-mêmes, rien qui offense les yeux de sa majesté.

Mais que l’habitacle de notre cœur soit vidé de ses vices et rempli de vertus, qu’il soit clos au diable et ouvert au Christ. Et travaillons de telle sorte que, par les clefs des bonnes œuvres, nous puissions nous ouvrir la porte du royaume céleste. Car de même que par les œuvres mauvaises, comme par des verrous et des barres, la porte de la vie nous est fermée, de même elle nous est sans aucun doute ouverte par les bonnes œuvres. Ainsi donc, frères bien-aimés, que chacun considère sa conscience et quand il se sera reconnu blessé de quelque crime, que d’abord il s’applique par des prières, des jeûnes et des aumônes à purifier sa conscience, et qu’à ces conditions, il ose recevoir l’Eucharistie.

Car si celui qui se reconnaît coupable se retire de l’autel divin, il arrivera bien vite à l’indulgence de la divine miséricorde. De même en effet que celui qui s’exalte sera humilié, ainsi, au contraire, celui qui s’humilie sera exalté. Car, ainsi que je l’ai dit, celui qui, reconnaissant sa faute, consent, pour la réforme de sa vie, à se retirer humblement de l’autel de l’Église, n’aura pas à craindre d’être excommunié de l’éternel festin du ciel.

Homélie de saint Ambroise, ÉvêqueLeçons 7 à 9 des Matines

Lecture du saint Évangile selon saint Luc

(Lc 19:1-10)

En ce temps-là : Jésus, étant entré à Jéricho, traversait la ville. Et voici qu’il y avait un homme appelé Zachée, chef des publicains et lui-même riche. Et le reste.

Homélie de saint Ambroise, Évêque

(Livre 8 sur S. Luc, vers la fin)

Zachée, petit de taille, ce qui veut dire sans aucune dignité de noblesse native, petit de mérites comme le peuple des Gentils, ayant appris la venue du Seigneur Sauveur que les siens n’avaient pas reçu, désirait le voir. Mais personne ne voit facilement Jésus ; personne ne peut, fixé sur terre, voir Jésus. Et parce qu’il n’avait ni les Prophètes, ni la Loi, il monte sur le sycomore comme sur la grâce d’une forme naturelle, foulant ainsi aux pieds la vanité des Juifs et corrigeant les erreurs de l’âge précédent. C’est ainsi qu’il donna à Jésus l’hospitalité dans l’intérieur de sa maison.

Et il fait bien de monter sur l’arbre, afin que l’arbre bon fasse de bons fruits et que lui-même, détaché de l’olivier sauvage et greffé contre nature, sur un bon olivier, puisse donner le fruit de la Loi. Car la racine est sainte bien que les rameaux soient infructueux. Au-dessus de cette gloire stérile des Juifs, le peuple des Gentils s’est élevé, par la foi de la résurrection, comme par une certaine élévation corporelle. Voilà donc Zachée sur le sycomore et l’aveugle sur le chemin. De l’un des deux le Seigneur attend l’appel pour lui faire miséricorde, il ennoblit l’autre en lui faisant l’honneur d’habiter chez lui. Il en interroge un, ayant l’intention de le guérir ; il s’invite chez l’autre, n’étant pas invité. Il savait en effet quelle serait la riche récompense de l’hospitalité qu’il recevrait ; et bien que n’ayant pas encore entendu la parole de l’invitant, il en avait déjà vu le désir en son cœur.

Mais pour n’avoir pas l’air d’être dédaigneux des pauvres, en laissant trop vite cet aveugle, pour passer au riche, arrêtons-nous à le regarder puisque le Seigneur lui aussi l’a fait ; interrogeons-le, puisque le Christ aussi l’a interrogé. Nous l’interrogerons, à cause de notre ignorance, tandis que le Christ l’a interrogé en raison de sa science. Nous l’interrogerons pour savoir pourquoi il a été guéri. Le Christ l’a interrogé, pour que nous apprenions d’un seul, comment, en grand nombre, nous mériterons de voir le Seigneur. Il l’a interrogé, en effet, pour que nous croyions que personne ne peut être sauvé si ce n’est celui qui confesse la vérité.

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