Vox Traditionis

Bréviaire romain · Matines · Dimanches d’août à novembre

IIIe dimanche d’août

Du livre des Offices de saint Ambroise, ÉvêqueLeçons 4 à 6 des Matines

(Livre I, chapitres 28 et 29)

Grande est la splendeur de la justice qui, par nature, est une vertu plus utile aux autres qu’à soi-même. Elle favorise notre vie commune en société elle tient le premier rang pour soumettre toutes choses à son jugement, porter secours au prochain, bien disposer de l’argent, ne pas se refuser aux services qui lui incombent, et faire siens les périls des autres. Qui ne désirerait arriver à ce sommet de vertu, si l’avarice ne commençait tout d’abord à affaiblir et énerver la force d’une si haute vertu ? Car en nous livrant à la passion d’augmenter nos biens, d’amasser de l’argent, d’étendre notre domaine terrestre, de l’emporter par nos richesses, nous dépouillons la beauté de la justice et nous perdons la bienfaisance envers tous.

Combien est grande la vertu de justice, on peut s’en faire une idée, du fait qu’elle ne souffre exception ni de lieux, ni de temps, ni de personnes, et qu’on l’observe même à l’égard des ennemis. C’est ainsi qu’ayant fixé avec un adversaire un lieu et un jour pour livrer combat, on penserait manquer à la justice en devançant le lieu ou le temps. On traite de différentes façons les prisonniers, selon qu’on les a pris dans un combat et un engagement difficiles, ou qu’ils nous ont été livrés par une faveur d’en haut ou par un heureux hasard. Si donc la justice prévaut jusque dans la guerre, combien plus doit-on l’observer dans la paix.

Le fondement de la justice c’est donc la foi, car les cœurs justes méditent la foi, et le juste qui s’accuse lui-même fonde la justice sur la foi, car sa justice apparaît, s’il confesse la vérité. En outre, le Seigneur lui-même a dit par la bouche d’Isaïe : « Voici que je pose une pierre pour fondement à Sion, c’est-à-dire le Christ, comme fondement de l’Église. » Or le Christ est la foi de tous, et l’Église est une certaine forme de justice, qui est le droit commun de tous. Elle est communauté de prières, communauté d’œuvres, communauté d’épreuves et de souffrances. Enfin, celui-là est juste, celui-là est digne du Christ, qui fait abnégation de lui-même. C’est pourquoi saint Paul a posé le Christ comme le fondement sur lequel nous devons édifier les œuvres de justice, puisque la foi en est le fondement.

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