Bréviaire romain · Matines · Dimanches d’août à novembre
Ve dimanche d’août
Bréviaire romain, MatinesLeçons 4 à 6 des Matines
Eh quoi ! Dieu t’a promis des siècles éternels et tu refuses de peiner dans la vie présente, si courte, si fugitive ! Pourquoi cette conduite lâche et dissolue, comme si tu recherchais une vie plus courte encore ? Ces festins journaliers, ces banquets, ces courtisanes, ces théâtres, ces richesses n’attestent-ils pas l’insatiable exigence du vice ? Sache-le bien, toutes les fois que tu t’es prostitué, tu t’es condamné toi-même autant de fois, car le péché est de telle nature, qu’à peine est-il commis, le juge prononce la sentence.
Tu t’es enivré ? Tu as trop accordé à ton ventre ? Tu as volé ? Cesse et change de voie. Remercie Dieu de ne t’avoir pas retiré du monde au milieu de tes désordres. Ne cherche aucun délai qui te permette de prolonger tes méfaits. Beaucoup sont morts subitement, alors qu’ils menaient une vie coupable et vicieuse, et sont tombés dans une damnation certaine. Crains que le même malheur ne t’arrive. Mais, dis-tu, Dieu a laissé du temps à beaucoup pour qu’ils confessent leurs fautes dans une extrême vieillesse. Qu’en conclure ? Ce temps à toi aussi sera-t-il accordé ? Peut-être, réponds-tu. Et pourquoi ce peut-être ? Cela arrive parfois. Pense que tu délibères de ton âme ; par conséquent songe aussi au cas contraire, et dis : « Qu’adviendra-t-il si Dieu ne m’accorde pas ce temps ? » « Et s’il l’accorde, » dis-tu ? Soit, il l’accorde ; cependant ne point s’y attendre est plus sûr et plus avantageux que d’y compter.