Bréviaire romain · Matines · Dimanches d’août à novembre
Ier dimanche de septembre
Du livre des Morales (réflexion sur Job) de saint Grégoire le Grand, PapeLeçons 4 à 6 des Matines
(Livre II, chapitre 1)
La Sainte Écriture est mise sous les yeux de notre âme comme un miroir, afin que notre visage intérieur s’y réfléchisse. Là, en effet, nous voyons soit nos laideurs, soit nos beautés ; nous constatons soit combien nous avançons, soit combien nous sommes loin d’avancer. L’Écriture raconte les gestes des saints et provoque les cœurs des faibles à leur imitation. Par le récit de leurs exploits, elle fortifie notre infirmité contre les assauts du vice, et il arrive que, dans ces combats, l’âme tremble d’autant moins qu’elle voit exposés devant elle les triomphes de tant d’hommes forts.
Parfois la Sainte Écriture ne nous découvre pas seulement leurs vertus, mais aussi leurs fautes, pour que nous voyions dans la victoire des forts ce qu’il faut nous approprier en l’imitant, et, dans les chutes des faibles, ce qu’il faut redouter. Ainsi elle nous présente Job grandi par l’épreuve, David au contraire abattu par la tentation, afin que la vertu des grands anime notre espérance, que la chute des puissants nous fasse, par prudence, revêtir l’humilité, de telle sorte que si les premiers exemples nous élèvent dans la joie, les seconds nous retiennent dans la crainte, et que l’esprit qui entend, instruit d’une part par une confiante espérance, d’autre part par l’humilité de la crainte, ne s’enorgueillisse point par témérité, puisqu’il est pressé par la crainte, et qu’il ne désespère point sous le poids de la crainte, puisqu’il est fortifié dans la confiance de son espoir, par l’exemple de la vertu.
(Livre I, chapitre 1)
Il y avait au pays de Hus un homme du nom de Job. L’Écriture dit où le saint homme habitait, pour faire éclater le mérite de sa vertu. Qui ne le sait ? Hus est au pays des Gentils. Or la gentilité, ayant perdu la connaissance de son créateur, se trouvait livrée à tous les vices. Donc on désigne le pays de Job, afin que le fait d’avoir été bon parmi les méchants, serve à sa louange. Il n’y a pas, en effet, grand mérite à être bon en compagnie des bons, mais bien plutôt d’être bon en la société des méchants. Et comme il y a faute plus grande à n’être pas bon parmi les bons, il est on ne peut plus glorieux d’être vertueux même parmi les méchants.