Vox Traditionis

Bréviaire romain · Matines · Dimanches d’août à novembre

IIIe dimanche de septembre

Sermon de saint Léon, PapeLeçons 4 à 6 des Matines

(Sermon 9e sur le jeûne du 7e mois)

Certes, mes bien-aimés, je sais la plupart d’entre vous si fidèles aux pratiques de la foi chrétienne qu’ils n’ont pas besoin d’y être excités par nos exhortations. Ni leur intelligence n’ignore, ni leur piété ne néglige ce que depuis longtemps la tradition a établi, et ce que l’usage a confirmé. Néanmoins, comme le ministère sacerdotal doit la même sollicitude à tous les enfants de l’Église, ignorants ou instruits, à ceux que nous aimons d’un même amour nous adressons pareille exhortation : d’apporter une fidélité empressée à la mortification de l’esprit et du corps, en observant le jeûne auquel nous oblige le retour du septième mois.

C’est qu’en effet l’observation du jeûne a été fixée aux quatre saisons que ramène périodiquement le cours de l’année, pour que ce constant retour à la même pratique nous fasse connaître notre incessant besoin de purification, et le souci perpétuel que nous devons avoir, au milieu des vicissitudes et des agitations de cette vie, d’effacer, par le jeûne et l’aumône, le péché qu’une chair fragile et la souillure de nos convoitises nous font contracter. Souffrons donc un peu de la faim, mes bien-aimés, et retranchons de notre ordinaire quelque chose qui puisse profiter aux pauvres.

Que les cœurs bienfaisants goûtent les fruits de leur libéralité : en donnant de la joie, tu recevras toi-même de quoi te réjouir. Aimer le prochain, c’est aimer Dieu, qui a fait consister la plénitude de la loi et des prophètes dans l’union de ce double amour. En sorte que personne ne peut douter que donner au prochain c’est offrir à Dieu lui-même, puisque le divin Maître et Sauveur a dit, en parlant des pauvres à nourrir et à soulager : « Ce que vous avez fait à l’un d’eux, c’est à moi que vous l’avez fait. » Jeûnons donc le mercredi et le vendredi ; et le samedi, assistons aux Vigiles célébrées dans l’église du bienheureux Apôtre Pierre, dont les prières et les mérites, j’en ai la confiance, nous aideront à rendre notre jeûne et notre dévotion agréables à la divine miséricorde.

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