Vox Traditionis

Bréviaire romain · Matines · Dimanches d’août à novembre

IVe dimanche de septembre

Du livre de saint Ambroise, Évêque, sur Élie et le jeûneLeçons 4 à 6 des Matines

(Chapitre 9)

On défend aux puissants de boire du vin, de peur que, ayant bu, ils n’oublient la sagesse. Aussi buvaient-ils du vin jusqu’à l’ivresse, ceux qui se réjouissaient de se livrer à Holopherne, chef de l’armée du roi d’Assyrie. Judith au contraire ne buvait pas, jeûnant tous les jours de son veuvage, sauf aux jours de fêtes solennelles. Forte de ces armes, elle s’avança et circonvint toute l’armée des Assyriens. Grâce à la force que lui donnait sa résolution de sobriété, elle coupa la tête d’Holopherne, conserva sa chasteté, remporta la victoire.

Cette femme en effet, armée de son jeûne, s’était donné pour but le camp ennemi. Lui, enseveli dans le vin, gisait à terre, en sorte qu’il ne pouvait plus sentir le coup d’une blessure. Ainsi, le jeûne d’une seule femme brisa l’innombrable armée des Assyriens. Esther aussi devint plus belle par le jeûne, car le Seigneur augmentait le charme de son âme tempérante. Elle délivra toute sa race, c’est-à-dire tout le peuple juif, des cruautés de la persécution, si bien qu’elle tint sous son pouvoir le roi lui-même.

Voilà pourquoi celle qui durant trois jours jeûna de façon continuelle et lava son corps avec de l’eau, plut davantage au Seigneur et obtint la vengeance. Aman, au contraire, tandis qu’il se vantait au cours d’un banquet royal, paya, au cours même de ses beuveries, la peine de son ivresse. Le jeûne est donc un sacrifice de réconciliation, une augmentation de force, qui a rendu les femmes elles-mêmes plus courageuses, par un accroissement de grâce. Le jeûne ne connaît pas l’usurier, il ne connaît pas les risques du prêt ; la table de ceux qui jeûnent ne sent point l’usure. Aux festins eux-mêmes, le jeûne donne de l’agrément ; après la faim, plus agréables sont les repas, dont la fréquence amène le dégoût et qui, longtemps prolongés, perdent tout leur charme. Le jeûne est le condiment de la nourriture : plus l’appétit est avide, plus la nourriture est agréable.

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