Vox Traditionis

Bréviaire romain · Matines · Dimanches d’août à novembre

Ier dimanche d’octobre

Du livre des Offices de saint Ambroise, ÉvêqueLeçons 4 à 6 des Matines

(Livre I, chapitre 40)

Peut-être quelques-uns sont-ils épris de la gloire des armes au point de penser que la valeur guerrière est la seule, et que j’ai évité d’en parler parce que cette vertu manquerait chez les nôtres. Quel vaillant, cependant, que ce Josué fils de Nun qui, en un seul combat, réduisit en captivité cinq rois avec leurs peuples. Puis, lorsqu’il mène l’assaut contre les Gabaonites et qu’il craint que la nuit n’empêche la victoire, le voici qui s’écrie dans la grandeur de son courage et de sa foi : « Arrête-toi, Soleil. » Et le soleil s’arrêta, jusqu’à ce que la victoire fût consommée. Gédéon, à la tête de trois cents hommes, revient triomphant d’un grand peuple, d’un ennemi cruel. Jonathas, un adolescent, montre un grand courage au combat.

Que dirai-je des Macchabées ? Mais d’abord il me faut parler du peuple de leurs pères qui, prêts à répondre à l’attaque pour la cause du temple de Dieu et de ses droits, attaqués, par la félonie de leurs ennemis, un jour de sabbat, préférèrent offrir leurs corps aux coups que de riposter, pour ne pas violer le sabbat. C’est ainsi que tous s’offrirent joyeux à la mort. Mais les Macchabées, considérant qu’à suivre cet exemple toute la nation pouvait périr, ayant été à leur tour, encore un jour de sabbat, provoqués au combat, vengèrent le massacre de leurs frères innocents. De là vint qu’ensuite le roi Antiochus, piqué au vif, ralluma la guerre par ses généraux Lysias, Nicanor et Gorgias. Mais avec ses soldats orientaux et assyriens, il fut encore écrasé à ce point que quarante-huit mille hommes restèrent sur le champ de bataille, battus par trois mille.

La vaillance de leur chef, judas Macchabée, considérez-la dans un de ses soldats. En effet Eléazar, ayant remarqué un éléphant qui dépassait tous les autres par sa taille, et qui était revêtu d’une armure royale, pensa que le roi le montait. En une course impétueuse, il s’élança en plein milieu de la légion. Rejetant son bouclier, il combattit des deux mains jusqu’à ce qu’il parvînt à la bête. Il se glissa alors sous elle et la tua de son épée. Dans sa chute, la bête écrasa Eléazar : ainsi mourut ce brave. Quel courage ! Tout d’abord, il ne craint pas la mort. Ensuite, entouré de légions d’ennemis, il s’enfonce entre les rangs pressés de l’adversaire, il pénètre au centre même de la phalange. Plus indomptable que la mort qu’il méprise, il rejette son bouclier, se sert de ses deux mains pour se glisser sous la masse de la bête blessée, la soutenir et, une fois sous elle, la frapper d’un coup plus direct. Enfermé enfin sous la bête abattue plutôt qu’écrasé par elle, il est enseveli dans son triomphe.

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