Vox Traditionis

Bréviaire romain · Matines · Dimanches d’août à novembre

IIe dimanche d’octobre

Bréviaire romain, MatinesLeçons 4 à 6 des Matines

De la Cité de Dieu de S. Augustin, Évêque d’Hippone

(Livre 18, chapitre 45)

Le peuple juif commença de décliner dès qu’il cessa d’avoir des prophètes, c’est-à-dire dans le temps où, ayant restauré le temple, au retour de la captivité de Babylone, il s’attendait à un avenir meilleur. C’est ainsi que ce peuple charnel comprenait la prophétie d’Aggée : « Ce nouveau temple dépassera en gloire le premier. » Qu’il s’agisse bien pourtant du Nouveau Testament, c’est ce qui est indiqué un peu plus haut, où la venue du Christ est clairement annoncée : « J’y ébranlerai toutes les nations et il viendra, le Désiré de toutes les nations. »

Pour ces élus d’entre les nations, la maison de Dieu est celle du Nouveau Testament, faite de pierres vivantes et ornée de plus de gloire que n’en eut jamais le temple élevé par Salomon et restauré après la captivité. C’était bien pour cela que le peuple juif n’eut plus de prophètes à partir de ce moment, et qu’il eut à essuyer tant de défaites de la part de rois étrangers et des Romains eux-mêmes : c’était pour qu’ils n’eussent pas lieu de croire la prophétie d’Aggée accomplie par la restauration du temple. Bientôt conquis par Alexandre, si le pays ne fut pas dévasté, c’est parce qu’ils n’osèrent pas résister, et cette soumission leur valut une paix facile. Mais le temple n’eut pas la gloire qu’il avait eue aux temps où leurs rois étaient indépendants.

À près la mort d’Alexandre, Ptolémée Lagide déporta les Juifs en Égypte. Son successeur, Ptolémée Philadelphe, celui auquel nous devons la version de l’Écriture dite des Septante, eut la bonne grâce de les libérer. Ils furent ensuite battus dans les guerres rapportées aux livres des Maccabées, puis conquis par le roi d’Alexandrie, Ptolémée Épiphane. Enfin, sous Antiochus roi de Syrie, contraints par des peines sévères à sacrifier aux idoles, leur temple fut livré aux superstitions sacrilèges des païens, jusqu’au jour où le vaillant Judas, qu’on appelle aussi Maccabée, triomphant des généraux d’Antiochus, réussit à le purifier de toute souillure d’idolâtrie.

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