Bréviaire romain · Matines · Dimanches d’août à novembre
IIIe dimanche d’octobre
Du livre des Offices de saint Ambroise, ÉvêqueLeçons 4 à 6 des Matines
(Livre 1, chapitre 41)
Comme la force d’âme ne se prouve pas seulement dans la prospérité, mais aussi dans l’adversité, jetons un regard sur les derniers instants de Judas Machabée. Judas, en effet, plus audacieux depuis la défaite de Nicanor, général du roi Démétrius, avait engagé les hostilités avec huit cents hommes contre les vingt mille de l’armée royale. Et comme les siens voulaient se retirer pour ne point être écrasés par le nombre, il leur conseilla de mourir avec gloire plutôt que de fuir honteusement. Aussi, la bataille engagée, comme la lutte durait depuis le point du jour, vers le soir, Judas, remarquant à l’aile droite des ennemis la présence des troupes les meilleures, attaqua cette aile et l’enfonça sans peine. Mais tandis qu’il poursuivait les fuyards, il donna à l’ennemi la facilité de l’attaquer par derrière. C’est alors qu’il trouva une mort plus glorieuse que ses triomphes.
Qu’ajouterai-je pour Jonathas, son frère ? Combattant l’armée royale avec une petite troupe, abandonné par les siens, en compagnie de deux hommes seulement, il recommença les hostilités, repoussa l’ennemi, et rappela les siens en fuite pour les associer à son triomphe. Voilà une énergie belliqueuse dans laquelle il y a une forme non médiocre d’honneur et de beauté : préférer la mort à l’esclavage et à la honte. Mais que dirai-je des souffrances des martyrs ? Sans chercher bien loin, nous voyons les enfants Maccabées remporter sur Antiochus, ce roi orgueilleux, un triomphe qui n’est pas inférieur à celui de leurs propres parents. C’est avec les armes que ceux-ci triomphèrent, et c’est sans armes que les enfants ont vaincu.
Elle se tint ferme, invaincue, cette cohorte de sept enfants qu’entouraient les légions royales. Les supplices échouèrent, les bourreaux s’arrêtèrent, mais ces martyrs ne défaillirent point. Dépouillé de la peau de sa tête, l’un avait changé son visage, mais avait accru son courage. À un autre, on avait ordonné de tirer la langue pour qu’on la coupât. « Dieu, répondit-il, n’entend pas seulement ceux qui parlent. Lui qui entendait les silences de Moïse, il entend les pensées muettes des siens, mieux que toutes les autres voix. Tu crains le fouet de la langue ; ne crains-tu pas le fouet du sang ? Il a une voix, lui aussi, ce sang qui crie vers Dieu, comme il criait en Abel. »