Bréviaire romain · Matines · Dimanches d’août à novembre
IVe dimanche d’octobre
Du Traité de saint Jean ChrysostomeLeçons 4 à 6 des Matines
(Sur le Psaume 43)
Ô Dieu, nous avons entendu de nos oreilles, nos pères nous ont annoncé l’œuvre que vous avez opérée dans leurs jours. C’est bien le prophète qui parle dans ce Psaume, mais au lieu de parler en son nom, il parle au nom des Maccabées, faisant un récit prophétique des choses qui devaient arriver de leur temps. Car le propre des prophètes est de parcourir du regard tous les temps, le passé, le présent, l’avenir. Mais pour répandre plus de clarté sur le sujet, il faut dire d’abord ce qu’étaient les Maccabées, ce qu’ils ont souffert, ce qu’ils ont fait. Or donc, Antiochus, surnommé Épiphane, ayant envahi la Judée et tout dévasté, ayant forcé beaucoup de Juifs à renoncer aux saintes pratiques de leurs pères, les Maccabées tinrent ferme, sans être ébranlés par ces tentations.
Et tandis que sévissait une guerre violente, où ils ne pouvaient rien faire d’utile, ils se cachèrent, ce que firent aussi les Apôtres. Car ils ne se montraient pas toujours en public et ne se jetaient pas en téméraires au milieu du danger. Quelquefois, ils s’en retiraient, soit en fuyant, soit en se cachant. Et quand ils eurent un peu respiré, pareils à de jeunes lions généreux qui s’élancent de leurs tanières, ils sortirent de leur retraite avec le dessein, non pas de ne sauver qu’eux seuls, mais de sauver aussi tous ceux qu’ils pourraient. Parcourant donc la ville et tout le pays, ils rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvaient encore sains et fidèles. Et quant à ceux qui s’étaient laissé abattre ou corrompre, ils en ramenèrent aussi un grand nombre à leur premier état, en les pressant de revenir à la loi de leurs pères.
Car ils leur rappelaient que Dieu est plein d’indulgence et de miséricorde, et que jamais il ne refuse d’accorder le salut au repentir qui en est le commencement. Et avec ces exhortations ils mirent sur pied une armée de très vaillants hommes, qui combattaient, non pour leurs femmes, leurs enfants, leurs serviteurs, non pour épargner au pays la ruine et l’esclavage, mais pour la loi de leurs pères et les droits de la nation. Dieu lui-même était leur chef. Aussi, quand ils se rangeaient en bataille et prodiguaient leurs vies, l’ennemi était-il mis en déroute : ils étaient moins confiants dans leurs armes que dans la cause qui les armait, et ils pensaient qu’elle suffisait pour vaincre. En marchant au combat, ils ne remplissaient l’air ni de vociférations, ni de chants profanes, comme font certains peuples. Il ne se trouvait point de joueurs de flûte parmi eux, comme dans les autres camps. Mais ils priaient Dieu de leur envoyer d’en-haut son secours, de les assister, de les soutenir, de leur tendre la main, puisqu’ils faisaient la guerre à cause de lui, puisqu’ils combattaient pour sa gloire.