Bréviaire romain · Matines · Dimanches d’août à novembre
Ve dimanche d’octobre
Sermon de Saint Grégoire de NazianzeLeçons 4 à 6 des Matines
(20e sermon sur les Maccabées)
Éléazar était les prémices de ceux qui ont souffert avant la venue du Christ, comme Étienne était les prémices de ceux qui ont souffert après cette venue. C’était un prêtre et un ancien, d’âge mûr, mais aussi de sagesse. Il avait déjà sacrifié et prié pour le peuple, mais le moment était venu où il s’offrait à Dieu en holocauste sans défaut, en sacrifice de paix pour tout le peuple, comme un commencement béni dans cette lutte où ses paroles et son silence étaient autant d’exhortations. Il présenta également les corps de sept enfants, le fruit de son enseignement, un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, une oblation plus glorieuse et plus pure que n’importe quelle offrande légale, car il est tout à fait normal et juste d’accorder au père le crédit de ses enfants.
Là se tenaient les nobles et grands hommes, les fils vaillants d’une noble mère, les glorieux champions de la vérité, des hommes pour qui l’époque d’Antiochus était un anachronisme, de vrais disciples de la Loi de Moïse, les plus stricts observateurs des rites de leurs ancêtres, dans ce nombre septuple que les Hébreux bénissent, et qui est sanctifié et vénéré par le culte du sabbat, ils se tenaient là, avec un seul désir et un seul but, regardant vers un seul chemin de vie, même pour recevoir la mort à cause de Dieu, ils se tenaient là, frères d’âme et de corps, ne convoitant l’un que la mort de l’autre. Ô quel mystère ! Ils s’arrachaient à l’agonie comme à un trésor, et se périssaient pour l’enseignement de la Loi, sans plus de crainte pour ce qui était avant que de regret pour ce qui était après. Ils n’avaient qu’une seule crainte : que quelqu’un ne soit pas couronné, qu’un frère ne soit séparé de son frère contre son gré, et qu’il soit sauvé du tourment du conflit pour remporter une victoire désastreuse.
La brave et noble mère se tenait là, brûlant d’amour pour ses enfants et pour Dieu, le cœur déchiré comme peu de cœurs humains le sont. Son agonie n’était pas tant due aux tortures que subissaient ses enfants qu’à la crainte qu’ils n’y succombent. Elle ne se languissait pas plus de ceux qui quittaient cette vie qu’elle ne priait pour que ceux qui restaient puissent les rejoindre ; son inquiétude était pour les vivants plutôt que pour les morts. Les vivants luttaient encore, les morts avaient quitté le champ de bataille en toute sécurité. Pour ce qui est des vivants, elle était gênée de ne pas savoir comment Dieu les accueillerait, pour ce qui est des morts, elle savait que Dieu les avait unis à Lui.