Bréviaire romain · Matines · Dimanches d’août à novembre
IVe dimanche de novembre
Du livre La Cité de Dieu de saint Augustin, ÉvêqueLeçons 4 à 6 des Matines
(Livre 18, chapitre 28)
Le prophète Osée a un langage si profond qu’il est difficile à pénétrer. Mais il faut ici en rapporter quelque chose pour m’acquitter de ma promesse. Il arrivera, dit-il, qu’à l’endroit où il leur est dit : « Vous n’êtes point mon peuple », ils seront aussi appelés les fils du Dieu vivant. Ce témoignage est une prophétie au sujet de la vocation de la multitude des Gentils, qui tout d’abord n’appartenaient pas à Dieu. Les Apôtres eux-mêmes l’ont ainsi compris.
Et c’est parce que cette multitude des Gentils est aussi spirituellement du nombre des enfants d’Abraham, et à ce titre appelée avec raison peuple d’Israël, que le prophète ajoute : « Et les fils de Juda et les fils d’Israël se réuniront ensemble, et ils se donneront un seul chef, et ils monteront hors du pays. » Si nous voulions davantage expliquer ce langage, sa force prophétique s’affaiblirait. Qu’on se souvienne cependant de la pierre angulaire et de ces deux murailles, l’une composée des Juifs et l’autre des Gentils, celle-là sous le nom de Juda, celle-ci sous celui d’Israël, s’appuyant toutes deux sur un même chef et toutes deux s’élevant de terre.
Quant à ces Israélites charnels qui maintenant ne veulent pas croire au Christ, le même prophète atteste que plus tard ils y croiront, c’est-à-dire, non pas eux, mais leurs enfants (car eux, s’en iront en leur lieu par la mort), lorsqu’il dit : « Durant de longs jours, les enfants d’Israël seront sans roi et sans prince, sans sacrifice, sans autel, sans sacerdoce, sans prophétie. » Qui ne reconnaît ici l’état actuel des Juifs ?